Blocages des lycées : plusieurs suspects identifiés après l’agression d’un policier à Belfort
Une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion a été ouverte, après qu’un policier a été violemment frappé vendredi à Belfort, en marge du mouvement de blocage des lycées.
On a plusieurs personnes désormais identifiées comme susceptibles d’être parmi les auteurs principaux de l’agression du policier, a indiqué le procureur, Paul-Edouard Lallois, ce samedi 3 octobre 2026 en fin de matinée à l’Agence France-Presse (AFP), se disant assez optimiste sur la perspective de les arrêter dans les vingt-quatre prochaines heures. Le magistrat n’a pas donné de précisions combien de suspects avaient été identifiés ni s’ils constituaient l’ensemble des personnes recherchées.
Les faits se sont déroulés à 9 h 15, aux abords du lycée Courbet, alors que l’officier en civil, chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort, venait d’interpeller un jeune homme, a ajouté le procureur. Il a été pris à partie par une horde sauvage de jeunes gens qui l’ont fait tomber au sol et roué de coups de poing et de pied, notamment au niveau de la tête, a-t-il poursuivi.
Un jeune homme sorti de garde à vue
Un adolescent de 17 ans, arrêté la veille en lien avec l’agression, est sorti de garde à vue samedi midi sans charges retenues contre lui, aucun élément ne montrant qu’il aurait frappé le policier. Il était néanmoins sur place et ses dépositions nous permettent de mieux comprendre le contexte des faits, a précisé le procureur.
Parmi les suspects identifiés figure un jeune que le commandant de police avait menotté sur les berges d’un ruisseau peu avant l’agression, a précisé le procureur. Reconnaissable par sa menotte au poignet, il est identifié clairement comme venant porter deux violents coups de pied à la tête du policier, poursuit le magistrat.
« Il n’y a pas assez d’eau pour être immergé »
Le procureur a par ailleurs démenti des affirmations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le policier aurait mis la tête du jeune homme sous l’eau en tentant de le maîtriser avant l’agression. Des vidéos circulant en ligne le montrent aux prises avec le jeune homme au milieu d’un ruisseau, avant de parvenir à l’immobiliser sur la berge.
Les différentes vidéos, sur lesquelles le policier et le manifestant sont partiellement cachés par de la végétation, ne permettent pas de dire si la tête du jeune homme est immergée ou non. Selon le procureur, c’est l’individu qui va délibérément dans l’eau en tentant d’échapper à l’agent qui le poursuivait pour son implication dans des jets de projectiles et des départs de feu.
Tous les deux tombent dans le ruisseau, c’est pour ça que vous avez, à un moment donné, une scène avec le commandant à genoux dans l’eau et l’individu affalé sur l’eau, détaille-t-il. Mais le jeune ne peut pas être immergé dans l’eau, il n’y a pas assez d’eau pour être immergé, selon le procureur.
La victime, commandant de police né en 1967, a subi une brève perte de connaissance. Il est particulièrement choqué, marqué par la sauvagerie de l’acte d’agression dont il a été victime, et présente les stigmates de coups très visibles sur son visage, a précisé le procureur de Belfort Paul-Edouard Lallois.