Au printemps, 250 élèves bretons devront prendre le car pour déjeuner dans un autre collège : des parents en colère
Dans quel état allons-nous retrouver nos enfants ? »,s’inquiète Christine Morvan, nouvelle présidente de l’Association des parents d’élèves (APE) du collège Pierre-Mendès-France, à Morlaix (Finistère). De mars à juillet 2027, le self sera en travaux et le Département du Finistère propose d’affréter trois cars pour emmener les 250 élèves déjeuner dans le second collège public de Morlaix, le collège du Château, à l’autre bout du centre-ville.
Le Département indique avoir présenté cette solution en conseil d’administration le 22 juin en présence des représentants de parents d’élèves. Ces derniers avaient déjà partagé leurs inquiétudes dans Ouest-France. Ce mercredi 21 octobre 2026, le Département persiste et signe : L’option de faire déjeuner les élèves au collège du Château, situé à quinze minutes de route, a été retenue comme étant la seule à garantir la qualité et la sécurité sanitaire des repas servis tout en maîtrisant les coûts.
Contre « le bien-être des élèves »
Selon l’APE, cette solution n’en est pas une. Elle imposerait une organisation millimétrée, réduirait la pause méridienne à peau de chagrin et priverait les élèves de leurs activités en club du midi (théâtre, échecs, basket, football).
Les parents redoutent surtout une fatigue accrue, car le scénario envisagé prévoit une fin des cours à 11 h, un déjeuner à midi au collège du Château et un retour à partir de 12 h 30. Les parents d’élèves externes devront donc s’organiser pour faire déjeuner leurs enfants dès 11 h, soulève Élise Lenoël. Les cours reprendraient à 13 h 30. Les cours supprimés le matin, sur le créneau 11 h-12 h, devraient, en conséquence, être reportés l’après-midi, relève l’APE. Sur ce point, le Département rappelle que l’adaptation des temps de cours relève de l’Éducation nationale.
Repas sur place : des coûts disproportionnés selon le Département
L’APE ne lâche pas non plus. Elle propose que les repas soient pris en classe comme lors du Covid ou dans les préfabriqués présents dans la cour. Ils accueillaient des cours le temps d’un autre pan du chantier et seront bientôt libérés. Ils sont restés en place tout l’été, on peut les laisser. Ou bien, on pourrait faire livrer les repas, ajoute Élise Lenoël, co-trésorière de l’APE.
Cette option figurait d’ailleurs dans un communiqué du Département du 10 octobre 2025, consacré aux travaux de rénovation énergétique. On y lit : Le restaurant sera relogé dans les locaux existants, avec la mise en place d’une livraison de repas. Cette mention a ensuite disparu du communiqué publié en janvier 2026. Ce mercredi 21 octobre, le Département indique que les options ont dû être réévaluées. Organiser des repas chauds sur place aurait nécessité des coûts disproportionnés […], de dix à quinze fois plus cher.
Un budget qui interroge
Pour affréter trois cars, le Département met 18 000 € sur la table. Un montant qui paraît sous-estimé, aux yeux de l’APE. Pour la moindre sortie scolaire, on se mobilise pour lever des fonds car on nous dit qu’affréter un car coûte au moins 500 €, relèvent les mères de famille, membres de l’APE. Elles affirment aussi n’avoir jamais reçu les devis demandés, par souci de transparence.
L’Association de parents d’élèves n’en démord pas : elle estime que les conditions d’apprentissage et le bien-être des enfants n’ont pas été pris en compte. De son côté, le Département rappelle qu’il s’est engagé dès le début du mandat, à rompre avec des années de sous-investissement avec un plan de modernisation des collèges publics pour la période 2022-2028 doté de 224 millions d’euros.
À Mendès-France, le chantier s’élève à 3,8 millions d’euros et s’étale sur vingt-quatre mois : il vise à améliorer durablement les conditions d’accueil des collégiens, que ce soit pour la restauration scolaire ou les salles de classe, ce qui suppose une bonne gestion des coûts de ce type d’opération ».