Revue de presse

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Après une matinée d’agitation et de dégradations à Vannes, plusieurs lycées seront fermés lundi

Ouest-France · 02/10/2026 · ← revue

L’ambiance est très électrique. Trop. Plusieurs individus extérieurs ne sont clairement pas venus là pour manifester ou revendiquer […]. Si votre enfant est aux abords, j’en appelle à votre responsabilité parentale : demandez-lui de rentrer chez vous sur le champ. Voilà l’un des messages adressés dans la matinée du vendredi 2 octobre 2026 par Stéphan Guillemot, le proviseur du lycée Charles-de-Gaulle, qui fait suite à un autre : Le climat a malheureusement été moins serein que celui observé mardi dernier [jour de la manifestation de la fonction publique à laquelle 200 lycéens s’étaient joints, NDLR], ce que nous déplorons vivement.

En effet, à 7 h 30, comme on pouvait s’y attendre au vu des boucles Whatsapp, un regroupement se forme devant le lycée, avenue Paul-Cézanne. Et dès 8 h 05, une première poubelle, à proximité de l’établissement, brûle. Les pétards crépitent ponctuellement et, pour provoquer une explosion, des déodorants sont ajoutés aux contenus des poubelles.

Des feux allumés

Dans le même temps, au lycée Jean-Guéhenno, l’établissement a fermé ses portes avant que les élèves ou les professeurs ne puissent rentrer dans l’établissement. Un feu a été allumé devant la grille principale. Des élèves, dispersés dans le quartier derrière le lycée, allument des feux, tout près d’habitations. Ce n’est pas très malin de leur part de faire des feux près des immeubles, s’alarme un riverain. Toute la matinée, les lycéens jouent au chat et à la souris avec les forces de police.

Comme indiqué la veille sur les réseaux sociaux, le lycée Charles-de-Gaulle devient l’épicentre de cette matinée de manifestations, avec le renfort, dès 9 h, de ces jeunes, majoritairement de Guéhenno, mais aussi de Saint-Joseph La Salle, et également de manifestants venus de l’extérieur. Alors qu’ils se sont regroupés sur le parking devant le complexe sportif du Foso, afin que la circulation puisse être rétablie sur l’avenue Paul-Cézanne, un touret, matériel de chantier autour duquel s’enroulent les câbles, est à son tour en proie aux flammes. Ensuite, vers 10 h, une vitre d’abribus est cassée.

Un pogo, comme dans les concerts

À 10 h 30, un meneur incite les lycéens à se regrouper en cercle très serré autour de lui puis à pogoter comme dans les concerts, brandissant une radio, tout en se dirigeant très rapidement vers la grille de l’école. Mais les policiers réagissent tout de suite. Comme une volée de moineaux, les lycéens courent dans un sens puis dans un autre. Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de se bousculer mais de se cacher pour la création de ce qui s’apparente à un cocktail molotov. Alors on prend une bouteille, on mélange de l’alcool avec… », récite une toute jeune fille. On l’aperçoit entre leurs jambes, mais il ne sera manifestement pas lancé.

Tout à coup, le groupe court à nouveau. Les meneurs se font alors courser dans les rues de Kerniol par les policiers, bientôt rejoints par des collègues arrivés en fourgonnette banalisée. Les jeunes se carapatent sur le terrain des sports. L’ambiance retombe d’un coup et les lycéens quittent tour à tour la rue. À midi, ils ne sont plus qu’une cinquantaine, assis aux arrêts de bus.

Lycées fermés lundi

Autour de la manifestation, de nombreux jeunes font part de leur désolation devant la tournure des événements. L’académie et la préfecture, elles, ont pris la décision de fermer l’établissement lundi 5 octobre 2026. Les cours auront donc lieu en distanciel. Il en sera de même à Jean-Guéhenno et à Saint-Joseph à Vannes.