Revue de presse

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Algues vertes : le marcheur aux pieds nus en route vers Paris « contre l’inaction de l’État »

Ouest-France · 22/09/2026 · ← revue

Il ne devait pas quitter le Finistère sans un arrêt à Locquirec. Parti lundi 21 septembre 2026 de Morlaix (Finistère) pour rejoindre Paris et le ministère de l’Environnement, Jean-Yves Quémeneur, président de l’association de défense de l’environnement Force 5, a décidé, à 77 ans, de marcher pieds nus et de pousser un cri indigné et silencieux contre l’inaction de l’État. « Pour les marées vertes, pour les OGM, les NGT, le Chlordécone… On ne compte plus les disparitions d’abeilles et d’insectes pollinisateurs à cause des néonicotinoïdes, ainsi que l’augmentation des cancers, 3 % par an, à cause des pesticides, insecticides, de la pollution de l’air et de l’eau. »

Parmi ses nombreux combats, la lutte contre les algues vertes, en coopération avec les associations du Finistère et des Côtes-d’Armor. C’est pour cette raison que l’arrivée du marcheur sur le sable du fond de la baie de Locquirec lundi en fin de journée est un symbole fort. « Une étude publiée en 1977 indiquait déjà la présence d’algues vertes reproductrices sur ce site », indique Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor venu l’accueillir au terme de cette première étape de vingt kilomètres. Celui qui se félicite de la condamnation de l’État pour inaction dans la lutte contre les algues vertes en baie de Saint-Brieuc par la cour administrative d’appel en juin, n’en a pas fini avec les algues vertes.

« Elles semblent moins nombreuses au niveau de la dune de l’île blanche, mais plus à l’ouest, certains jours cet été, plusieurs personnes ont renoncé à se baigner tant le dépôt était épais, poursuit le militant. Dans cette baie réputée pour la pêche à pied, il n’y a plus que des coquilles vides. Toutes les coques sont mortes lors des canicules et par la prolifération d’algues vertes qui asphyxie les fonds marins et menace la santé des coquillages en privant l’eau d’oxygène. »

Le lendemain, le marcheur aux pieds nus a fait une halte en bordure de la rivière du Yar pour rendre hommage à la première victime des algues vertes : Jacques Thérin, joggeur de 28 ans retrouvé mort au milieu des algues vertes à Saint-Michel-en-Grève en 1989. « Pour dire surtout que quand la biodiversité meurt, l’homme est menacé de mort. P our ne pas en avoir tenu compte, les autorités sont responsables de sa mort et de celles de toutes les autres victimes », martèle Yves-Marie Le Lay aux côtés de Nathalie Saur et Gilles Monsillon, de l’association de défense des victimes des algues vertes.