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Une balade entre vastes parcs et riche patrimoine à ...

Ouest-France · 17/07/2026 · ← revue

Avec 213 hectares de parcs et leurs grands arbres et la Vilaine qui traverse la ville sur 5 km : se promener à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) est synonyme de balade au vert. Le riche patrimoine naturel, bâti ou sculpté mérite le détour. Cécile Vautier, guide conférencière à Destination Rennes, a concocté une balade pour le découvrir en chemin.

Manoir de la Chalotais

On démarre devant l’hôtel ville situé au manoir de la Chalotais. Datant de la deuxième moitié du XVIe siècle, il a la particularité d’avoir une structure à pans de bois et torchis, comme le révèle l’arrière du bâtiment qui laisse aussi apparaître une tour carrée. Cesson compte huit bâtiments de ce type, construits entre 1370 et 1600, et qui appartenaient à la moyenne noblesse. Au fond du parc, de grandes marches descendent vers un cours d’eau. C’est un arrivoir pour les embarcations, explique Cécile Vautier. Les résidents du manoir pouvaient circuler en barque jusqu’à Rennes.

Têtes et groupe sculptés

Dans le parc, on trouve plusieurs têtes et bustes sculptés par Jean Boucher. Le sculpteur né à Cesson, avait été embauché à 12 ans comme apprenti chez un serrurier de Rennes. C’est là qu’un professeur des Beaux-Arts l’a repéré : il y est entré à seulement 14 ans. Monté à Paris, il enseignera aux Beaux-arts et entrera à l’Académie après guerre. Sculpteur célèbre avant et après la Première Guerre mondiale, durant laquelle il fut mobilisé, il est l’auteur du groupe sculpté « l’union de la Bretagne à la France ». La sculpture se trouvait dans la niche principale de l’hôtel de ville. Elle fut dynamitée en 1932 par des autonomistes bretons. La tête de Bretonne, qui se trouve à l’entrée du parc de la Chalotais, est l’un des fragments restant de cette sculpture. Jean Boucher est aussi l’auteur du groupe sculpté situé devant le parking de la piscine. Il représente le journaliste et avocat Camille Desmoulins, porté sur les épaules des sans-culottes parisiens qu’il harangue, lors de la prise de la Bastille. Le parc de la Chalotais est très bien fleuri. Cesson-Sévigné a décroché la Fleur d’or, en 2025, au concours des Villes et villages fleuris.

La piscine Tournesol

On arrive devant l’actuelle piscine de Cesson-Sévigné. En deux extensions successives, en 1990 et 2009, elle a remplacé la fameuse piscine Tournesol construite en 1975. Une piscine du type industriel, mise au point par l’architecte Bernard Schoeller. Elle est construite en série pour répondre au programme « 1 000 piscines », lancé par le secrétariat d’État à la jeunesse et au sport de l’époque. L’idée était de lutter contre les trop nombreuses noyades et, paraît-il, les mauvais résultats français en natation aux Jeux olympiques. Le bassin sportif de la piscine Tournesol a été conservé dans la piscine actuelle.

Église, monument au mort et lavoir

Au fond du grand parking de la place du marché, on repère le monument aux morts imposant. Érigé en 1921, il marque la volonté des familles de rendre hommage à leurs morts, lors de la Première Guerre mondiale, la première à impliquer des militaires non professionnels. Des corps de soldats récupérés plus tard, en 1923, ont été enterrés sous une stèle décorée par le mosaïste Odorico au cimetière. Juste derrière, de l’autre côté du cours d’eau, se trouve un grand lavoir restauré, datant de la fin du XIXe siècle. On poursuit la balade jusqu’à l’église de style néogothique en schiste pourpre, dont les pierres ont été amenées par la rivière depuis Pont-Réan. Elle est l’œuvre de l’architecte Arthur Régnault qui a construit pas moins de soixante églises en Ille-et-Vilaine.

Manoir de Bourchevreuil et escargot

En traversant la rue de l’hôtel de ville, on accède au jardin du manoir de Bourchevreuil. Construit au XVIe siècle, son premier propriétaire fut Jacques Bonnier, seigneur des Grées, conseiller au parlement de Bretagne, dont c’était la résidence de campagne. Cesson était alors un lieu de villégiature des Rennais, qui venaient y faire de la barque et manger des escargots le dimanche. En témoigne un escargot en mosaïque, érigé par la confrérie du petit-gris de Cesson, aujourd’hui disparue. Le manoir accueille désormais le centre de loisirs. Son jardin entouré de murs abrite des carrés de simples fleurs et potagers.

Calvaire et hôtel-restaurant le Germinal

On traverse l’agréable parc de Champagné d’îlot en îlot, d’où on peut observer le vieux pont qui relie le bourg au parc. Sa construction remonte au Moyen Âge. Il manque une arche qui s’est écroulée en 1761. On se retrouve devant un imposant calvaire, desservi par un double escalier. Il servait de podium lors des processions religieuses. Retour vers le vieux pont. À sa gauche, le haut bâtiment abritant l’hôtel-restaurant le Germinal est un ancien moulin à eau, qui a fonctionné jusqu’en 1974. Le grand-père de Laure Goualin, l’actuelle propriétaire en fut le minotier ! Pour terminer cette balade, cap enfin sur le bourg, où les cafés avec terrasses et restaurant vous tendent les bras pour une pause bienvenue.