Revue de presse

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"Je ne sais pas ce qui m'a pris" : l'homme qui avait allumé quatre feux à Cesson-Sévigné, en pleine canicule, jugé

actu.fr · 01/10/2026 · ← revue

Mardi 22 septembre 2026, un quadragénaire, qui avait volontairement provoqué quatre départs de feux à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), dont un près d’un centre aéré, comparaissait devant le tribunal à Rennes. Pour mémoire, des témoins avaient aperçu jeudi 23 juillet, vers 15h30, un « individu en scooter » près du centre de loisirs Dominique-Savio, qui accueillait alors « 300 enfants », a-t-il été recontextualisé à l’audience publique. Ils avaient alors senti « une odeur de fumée » et constaté qu’un « départ de feu » avait pris « en lisière » de la forêt, à l’entrée du centre.

« Une pulsion » déclenchée par un panache de fumée

Des riverains s’étaient alors mobilisés eux-mêmes pour éteindre l’incendie en attendant les pompiers, tandis que les enfants avaient dû être évacués. Yohann avait finalement été interpellé par des policiers en patrouille qui revenaient d’une intervention pour un feu près d’une maison. En garde à vue, cet homme de 47 ans avait spontanément reconnu avoir allumé « quatre » incendies après avoir bu « quatre bières » au total. Il avait vu « un panache de fumée » en se rendant au magasin Decathlon de Betton, ce qui avait déclenché chez lui « une pulsion », expliquait-il. « Je ne sais pas ce qui m’a pris », a soufflé le prévenu d’une voix à peine audible depuis le box de la salle d’audience. « Vous avez conscience que ce sont des vies que vous avez mises en danger ? », l’a questionné la présidente, en rappelant les graves incendies qui venaient de se déclarer à l’époque dans les Landes et en Gironde. « Je n’y pensais pas », a répondu Yohann, qui a assuré qu’il ne s’était pas « inspiré » de ces méga-feux pour son propre passage à l’acte.

Le prévenu déjà condamné plusieurs fois

Reste que ce père de famille avait déjà été condamné à trois reprises pour des faits similaires, dont la dernière en 2022 : il avait alors écopé de deux ans de prison ferme et un an avec sursis probatoire. Yohann « correspond précisément à la définition d’un pyromane », trouvait donc son avocate Me Pauline Kerloegan, en soulignant sa « fascination » pour les feux, son absence d’explication de son geste et la « dépression sévère » dont il souffre. L’expertise psychiatrique de son client – « inacceptable » selon elle – n’a pourtant relevé aucune « altération » ou « abolition » de son « discernement ».

30 mois de prison ferme

Le procureur de la République avait réclamé de son côté une « peine à la hauteur de sa dangerosité » car « les choses auraient pu être catastrophiques » : Yohann encourait d’ailleurs « vingt ans » de prison car il se trouvait en état de « récidive légale ». Le magistrat avait donc requis trente mois de prison ferme et dix-huit mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec l’obligation de suivre des soins psychiatriques, de travailler et de réparer les dommages. Il avait également demandé que Yohann ait l’interdiction de porter une arme pendant « cinq ans » et de paraître « dans la zone des incendies » pendant la même durée. Le tribunal correctionnel de Rennes a finalement suivi en tous points ses réquisitions et a ordonné le maintien en détention de Yohann. Sur le plan civil, ce dernier devra aussi verser 300 euros de dommages et intérêts à un éleveur de chevaux qui avait dû intervenir lui-même pour éteindre un départ de feu dans son champ.

RB et MJ (PressPepper)

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