Il tient un des rares courts de tennis sur gazon de France, bienvenue au « Wimbledon » breton [Vidéo]
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Une formation en autodidacte
Aujourd’hui âgé de 59 ans, celui qui travaille pour une grande pharmacie en région parisienne rembobine l’histoire de cette folle aventure lancée en 1998. « Tout cela part de deux frustrations : celle d’avoir joué au foot quand j’étais enfant sur des champs de patates et celle de ne pouvoir jouer au tennis sur gazon, comme à Wimbledon, alors que c’est le plus grand tournoi au monde. J’ai appris tout seul, en autodidacte, sur Internet, avec le temps. Progressivement, je suis formé, je me suis amélioré et là, j’arrive à faire un terrain à peu près correct, malgré les affres de la chaleur. Ça évolue : parfois, on est déçus, puis on trouve les bons produits, la météo redevient favorable… C’est technique, mais pas hautement technique, on y arrive. Il n’y a pas de secret, un beau gazon, ça part d’un terrain bien plat », indique le propriétaire de ce temple de verdure, qui a réorienté son aire de jeu, l’an dernier, en réalisant un terrassement, pour compenser une pente de 3 % dans la diagonale. Planté en mars dernier, le gazon prend petit à petit ses aises dans la campagne de Thorigné-Fouillard. « C’est une année de transition. D’ordinaire, en mars, je fais un sur-semi. Ici j’ai la chance d’avoir un Ph à 6,5, légèrement acide, qui évite les maladies, une orientation nord-sud idéale pour l’ensoleillement et, comme dans les grands clubs anglais, j’ai mis du gazon ‘dwarf ray-grass’ », souligne celui qui a tenté de se renseigner chez les maîtres en la matière. En vain ou presque.
Du matériel chiné jusqu’en Finlande
« Je suis allé au club de Wimbledon, mais on n’y visite que le musée. J’ai été stoppé par un Bobby quand j’ai voulu m’approcher du gazon… Lors des journées du patrimoine, j’ai pu visiter l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris pour y voir le court. J’ai pu échanger, par mail, avec le jardinier, qui est Français. Il m’a donné deux, trois infos, mais il n’est pas plus spécialisé que ça dans le gazon. » L’entretien du joyau est également un des secrets de la magie, pour une utilisation optimale à partir de 10 h, quand la rosée a fini de s’évaporer. La coupe à 1 cm est réalisée tous les deux jours entre printemps et été. Avec un matériel chirurgical. Des tondeuses d’occasion trouvées chez des professionnels de matériel de motoculture ou encore sur des sites spécialisés partout en Europe. « Ma dernière tondeuse coupe entre 4 et 13 mm, avec un système de coupe qui me convient », livre-t-il après des déceptions sur certaines machines à la coupe hélicoïdale. Parmi les récentes acquisitions, un rouleau, pour uniformiser le sol, tout droit venu de Finlande, mais de marque britannique évidemment. L’arrosage, tenant compte évidemment des restrictions, s’effectue chaque soir. En 2025, Christophe Natu a investi plus de 10 000 € dans son jardin anglais, entre terrassement et clôtures. Mais cela n’est pas le plus important pour lui qui vit son rêve d’enfant de pouvoir offrir à chaque passionné de tennis la chance de se prendre pour Boris Becker, Pete Sampras ou Roger Federer sur ce gazon breton (27 € l’heure). « Ma rémunération c’est le plaisir des gens qui arrivent et qui repartent avec des étoiles plein les yeux », sourit ce jardinier amateur désormais très éclairé.