Devant les juges, l’élu d’opposition demande l’annulation des élections municipales de Cesson-Sévigné
Le 15 mars 2026, Jean-Pierre Savignac, maire sortant de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) remportait les élections municipales avec 66,92 % des voix, face à son concurrent Yann Cougard, 33,08 % des voix. Une large victoire aujourd’hui contestée par son principal opposant. Elle n’est selon lui pas fondée sur le respect des règles électorales. Ce vendredi 25 septembre 2026, l’élu de l’opposition se tenait devant le tribunal administratif de Rennes demandant « l’annulation de l’ensemble des opérations électorales , ou à titre subsidiaire l’annulation de l’élection de la dernière élue de la majorité au conseil municipal et du dernier élu au conseil communautaire en se basant sur plusieurs griefs.
Une distribution de roses à 240 femmes sur un marché pour le 8 mars, une vidéo devant l’hôtel de ville, une douzaine d’événements publics aux airs de campagne… Et surtout un. La pose de la première pierre de l’école du quartier des Pierrins le 14 janvier 2026. Pourquoi cette date du 14 janvier ? La commission d’appel d’offres pour choisir l’entreprise est prévue le 8 juin 2026. Quand on pose la première pierre on ne sait même pas qui viendra poser les autres, dénonce Philippe Bluteau, l’avocat de Yann Cougard. Voyant dans cet évènement, une manœuvre illégale. D’autant que la Ville a décidé de donner à cette opération-là un impact considérable, dans le numéro du magazine municipal de février, la couverture et cinq pages sont dédiées à ça. Pour lui aucun doute, cette initiative a convaincu un électeur sur 500. Exactement ce qui a manqué à l’opposant pour rafler ce dernier siège au conseil - 192 voix - et celui au conseil communautaire - 22 voix.
« Rétablir le respect des règles électorales »
Pour Yann Cougard, cette requête le respect des règles électorales, la simple égalité dans l’élection, évoquant également des informations malveillantes diffusées sur le marché, ces pratiques-là ne sont pas acceptables. Il demande au juge administratif un signal clair, de respect et d’égalité.
Le rapporteur public n’est pas de cet avis et préconise le rejet de cette requête. Estimant, qu’aucun grief ne nous semble fondé. Il s’interroge sur la recevabilité des opérations.
L’avocat du maire abonde : il faut rappeler que c’est une victoire avec 67 % des voix contre 33 %, près de 3 000 voix d’écart. Il y a un fourre-tout dans la requête électorale, venir faire croire que ces 3 000 voix d’écart ont pu modifier l’appréciation des électeurs, c’est donner à cette première pierre une portée que la jurisprudence ne permet pas de retenir.
Les juges rendront leur décision vendredi 2 octobre 2026.