Démontées, déplacées ou disparues… Ces croix qui racontent Cesson-Sévigné, à travers les époques
Une croix de chemin est généralement installée le long d’une voie ou à un carrefour. Elle peut servir de repère, de lieu de prière ou de protection symbolique. Implantées dès le Moyen Âge, comme symbole de la religion catholique, les croix de chemin se sont répandues à partir du XVIe siècle. Elles avaient vocation à signaler, l’appartenance d’un lieu, à la communauté chrétienne. De forme, de taille et de matériaux variés, on les rencontre souvent aux carrefours pour guider le voyageur et le protéger des mauvaises rencontres. Certaines d’entre elles étaient implantées tout près des champs cultivés, pour implorer la protection divine contre les fléaux naturels qui affligeaient les récoltes , peut-on lire dans un inventaire du patrimoine culturel de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), dressé en 2003. Les croix de mission appartiennent à une autre histoire. Elles sont liées aux missions paroissiales de rechristianisation, particulièrement nombreuses au XIXe siècle, afin de restaurer la pratique religieuse après la tourmente de la Révolution française. Ces missions se terminaient par l’érection d’une croix monumentale. Le calvaire désigne, lui, un ensemble figuratif autour du Christ en croix, et constitue des structures plus imposantes, très présentes dans toute la Bretagne.
Au Cimetière, un témoin ancien
Dans son mémoire « Les Croix et calvaires de Cesson-Sévigné », Pierre Jacquemard, membre de l’association Cesson mémoire et patrimoine, recense trente-deux croix, dont seulement douze seraient encore visibles. Beaucoup ont été démontées, déplacées ou ont disparu. La croix du Cimetière est particulièrement singulière. L’inventaire général estime qu’elle pourrait remonter au XVIe siècle, avec une réserve explicite sur cette datation. Déplacée dans le cimetière actuel, elle est en granite et présente, dans l’un de ses bras, une main sculptée ainsi qu’un décor flamboyant en forme de losange, évoquant les marques de la passion.