De la mobilisation aux barricades brûlées : la matinée du 1er octobre a dégénéré devant les lycées à Cesson-Sévigné
Il est 10 h, ce jeudi 1er octobre, à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine). Judicaël, Maxence et Camille, élèves en terminale au lycée Sévigné, regardent, médusés, les pompiers éteindre le feu, nourri principalement de barricades et de chariots de supermarché. Ils expliquent comment tout s’est déroulé : Cela a démarré tôt ce matin au lycée Frédéric-Ozanam, avec un feu au rond-point. Peu après l’arrivée des CRS, ça a commencé à dégénérer à la suite d’un jet de projectiles. Les forces de l’ordre ont alors menacé de nous lancer des gaz lacrymogènes.
Les jeunes ont alors pris le chemin du lycée Sévigné, à plusieurs centaines de mètres de là. Il y a eu un mouvement de foule, certains ont volé des barrières, des chariots et ont pris de l’essence. Il y avait au moins 500 personnes. Mais à la base, ce n’était pas prévu du tout, on pensait juste se réunir. Quand on voit ce que ça a donné, ce ne sont pas nos valeurs… Ça nous décrédibilise, on n’est pas du tout comme ça. Je pense que c’est vraiment une minorité qui agit ainsi et pourtant les gens vont englober tout le monde dans le même panier et ce n’est vraiment pas positif pour l’image des jeunes.
« Pas de bonnes conditions »
Un élève en première en classe STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) à Ozanam, raconte la même chose : L’ambiance est restée bonne pendant un long moment. Tout le monde rigolait, prenait des photos du feu et on a entendu des cris pour dire de descendre à Sévigné. Chloé, en classe de seconde à Sévigné, est d’accord avec les casseurs, mais affirme ne pas être passée à l’action : On a décidé de marquer le coup. C’était l’occasion de dire qu’on n’est pas d’accord avec nos conditions de travail. On sait qu’on aura froid après avoir eu si chaud en juin dernier, ce ne sont pas de bonnes conditions.
Le chef de la police municipale, Yannick Le Scornet, corrobore les propos des jeunes élèves. Au départ, c’était tout à fait festif, plutôt bon enfant. Ça s’est envenimé et vite dégradé quand des éléments extérieurs à Cesson sont arrivés. Dès ce matin, très tôt, il y avait des forces de police et de gendarmerie assez importantes à Ozanam. Les jeunes ont vu qu’ils ne pouvaient plus rien faire. Ils ont donc décidé de descendre vers le lycée Sévigné pour mobiliser ceux en bas. C’est rapidement devenu plus ardu. On avait prévu le coup. On avait même enlevé les poubelles, notamment pour éviter les feux, mais ça n’a pas suffi »,souligne-t-il.