Cesson-Sévigné. Le Carré Sévigné s’attend à une déferlante électro avec Rave Lucid
Entretien
Océane Haja Maréchal, danseuse et interprète, originaire de Lausanne et membre de la compagnie MazelFreten
Pouvez-vous nous présenter Rave Lucid ?
C’est une pièce pour dix danseurs et danseuses, un hommage à la danse électro, à sa diversité et son métissage. Il y a cinq garçons et cinq filles de générations différentes, des danseurs qui pratiquent depuis quinze ans et d’autres depuis trois, quatre ou cinq ans. Nous avons chacun notre personnalité, nos individualités, mais nous formons aussi une communauté. C’est cette force du collectif que nous voulons montrer.
Comment transforme-t-on la culture clubbing, rave ou le battle en un spectacle accessible à tous ?
L’électro est née dans les clubs parisiens, au début des années 2000. Elle s’est diffusée avec les réseaux sociaux et les sites de streaming. Beaucoup de gens connaissent la « Tecktonic », aux origines de la danse électro. Les battles, eux, sont des confrontations entre danseurs ou équipes, où l’on improvise sur une musique choisie par un DJ. Dans Rave Lucid, nous avons réussi, je crois, à installer ces codes sur une scène de théâtre. Il y a des moments contemplatifs, mais aussi d’autres où nous cherchons le public. La barrière disparaît : des spectateurs applaudissent, bougent, parfois se lèvent pour danser avec nous.
Quel effet cela fait-il de passer des Jeux olympiques à la scène du Carré Sévigné ?
Ce qui est intéressant, c’est que l’implication reste la même, que l’on danse aux Jeux olympiques, aux côtés de Madonna, ou dans un théâtre. Aux JO, nous étions 49 danseurs et danseuses sous le ciel de Paris, avec la tour Eiffel à quelques mètres. Mais nous dansions surtout pour la télévision : je ne voyais pas réellement les millions de téléspectateurs. Au théâtre, c’est différent. Je peux voir les gens, sentir leur énergie. Autre point commun avec les JO, nous devons maintenir notre corps dans un état de préparation physique et mental. Un danseur est à la fois athlète et artiste.
Pour ceux qui vous découvrent, pouvez-vous nous dire quelques mots de la compagnie MazelFreten ?
Elle a été créée en 2016 par Laura Defretin, qui vient du hip-hop, et Brandon Masele, un danseur électro. Tous les deux sont des figures centrales de leur communauté. Leur binôme a permis de croiser des vocabulaires et des rythmes musicaux différents. C’est un véritable métissage de deux mondes.
Mardi 22 septembre, 20 h, Rave Lucid de la compagnie MazelFreten au Carré Sévigné.