Revue de presse

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« C’est un peu un sport de famille » : les frères Debliquy, deux destins dans le canoë-kayak

Ouest-France · 24/08/2026 · ← revue

À Épinal (Vosges), du 5 au 9 août 2026, les meilleurs jeunes spécialistes européens du slalom en canoë-kayak se sont retrouvés pour les Championnats d’Europe U18 et U23. Chez cette dernière, la délégation française a particulièrement brillé. Parmi elle, deux frères licenciés au club de Cesson-Sévigné, près de Rennes (Ille-et-Vilaine) : Mewen et Elouan Debliquy. Mewen Debliquy, bientôt 23 ans, disputait sa dernière saison dans la catégorie U23. Il a quitté Épinal avec un joli bilan : l’or en kayak par équipe, l’argent en canoë par équipe et l’argent en canoë individuel. Le championnat d’Europe s’est plutôt bien passé , résume-t-il avec un brin de retenue. Car il y avait aussi quelques regrets. En finale du canoë individuel, le Cessonnais avait pourtant réalisé une excellente course. Mais une touche sur une porte lui a coûté de précieuses secondes. En slalom, chaque porte touchée entraîne une pénalité. J’étais premier et je passe deuxième à cause de ça , regrette-t-il.

Une histoire de famille, débutée dès l’enfance

Le canoë et le kayak se ressemblent, mais ne se pratiquent pas de la même manière : dans le kayak, la coque est fermée et le pagayeur utilise une pagaie double ; dans le canoë, il pagaie avec une seule pale et la coque est ouverte. Les deux frères ont découvert les eaux vives très jeunes. Notre père avait fait un peu de kayak, c’est un peu un sport de famille , raconte Mewen Debliquy. Lui a commencé à dix ans au club de Rennes, avant de rejoindre Cesson-Sévigné. La petite sœur, âgée de 12 ans, vient à son tour de prendre une pagaie. À Épinal, les deux frères ont d’ailleurs partagé une médaille. Dans la course par équipe en canoë, disputée uniquement aux Championnats d’Europe et du monde, ils ont pris l’argent avec Titouan Estanguet, le fils de Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë slalom. Quelques jours plus tôt, Mewen Debliquy avait décroché l’or en kayak par équipes, avec Titouan Estanguet et Unai Oteiza. Si ces épreuves collectives ne sont pas olympiques, la course individuelle en canoë, elle, l’est. Une distinction qui donne une autre dimension à la médaille d’argent de Mewen Debliquy, même si le Rennais regarde déjà au-delà d’Épinal.

Les Jeux en ligne de mire

Cette année 2026 marquait le début des sélections pour les prochains Jeux olympiques. Mewen Debliquy n’a pas forcément pris le bon train au meilleur moment. J’ai manqué les courses pour aller chez les grands, j’ai un peu loupé ce coche-là , reconnaît-il. La suite reste donc à écrire. J’attends de connaître les opportunités en 2027. Le sportif a déjà commencé à préparer l’après-carrière. Titulaire d’une licence Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), il a interrompu ses études lors de sa professionnalisation dans sa pratique. Entre Rennes, où vivent ses parents, et Pau (Pyrénées-Atlantiques), où il s’entraîne régulièrement, son quotidien reste largement rythmé par le haut niveau, mais l’équilibre est fragile. On peut vivre de notre sport, mais ce n’est pas très stable , constate-t-il. Il envisage désormais de passer des concours pour sécuriser sa situation, tout en continuant à s’entraîner. Et il ne cache pas la possibilité, si les perspectives se réduisent, de tourner la page : Si toutes les portes se ferment, je réfléchirai à arrêter.

Entre sport et études

À 20 ans, Elouan Debliquy avance, lui, avec davantage de temps devant lui. Étudiant à Sciences Po Rennes, il bénéficie du statut de sportif de haut niveau et peut effectuer sa première année en deux ans. Son billet pour Épinal, il l’a obtenu in extremis : initialement non sélectionné, il a profité du désistement d’un membre de l’équipe et n’a appris sa participation qu’un mois avant la compétition. J’avais un titre à défendre, puisque j’étais champion d’Europe en canoë, l’année précédente , précise-t-il. Mais la pression a pesé. En finale, je suis parti sur un faux rythme. Je touche deux portes et je finis 11e. Une déception, mais pas de quoi remettre en cause ses ambitions. Les Jeux olympiques ? Elouan Debliquy préfère ne pas en faire une obsession. Je ne fais pas reposer ma carrière là-dessus, parce qu’il y a beaucoup trop de chances d’être frustré et déçu. Une prudence qui n’empêche pas les rêves. Dans un sport où un seul athlète par catégorie peut être sélectionné aux Jeux tous les quatre ans, la route est étroite. Pour les deux frères, elle passe encore par les entraînements et les compétitions.