Revue de presse

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À Cesson-Sévigné, Denis Pépin adapte son potager face à la sécheresse

Ouest-France · 15/08/2026 · ← revue

Dans le jardin de Denis Pépin, à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), pas question de laisser le potager souffrir en silence. Au-dessus des cultures, des cageots et des canisses de bambou ou de roseau forment des systèmes d’ombrage improvisés. Plus loin, des tournesols géants dressent une véritable barrière végétale. Le décor surprend, mais chaque installation répond à une logique précise : empêcher l’eau de repartir trop vite dans l’atmosphère.

Cette année, je suis ravi du résultat

, glisse le jardinier. Une satisfaction qui n’a rien d’évident : depuis plusieurs semaines, la sécheresse impose ses contraintes aux jardiniers du département. Denis Pépin, lui, avait anticipé. J’ai très vite mis en place des mesures pour mon potager, au vu des canicules répétitives.

« Améliorer la fertilité physique et nutritive du sol »

Dans ce potager bio, la priorité n’est pas seulement donnée aux légumes qui poussent au-dessus du sol : elle est aussi accordée à ce qui se passe dessous. Ce qui m’intéresse le plus, c’est améliorer la fertilité physique et nutritive du sol en travaillant la terre , détaille Denis Pépin. Ce dernier utilise notamment la technique du paillage, consistant à couvrir le sol de matières végétales. Cette méthode réduit d’environ 20 % la consommation d’eau. En 2018, le couple avait pesé l’intégralité de sa récolte : 700 kg de légumes sur seulement 200 m². On est totalement autonomes sur notre consommation de légumes , raconte le jardinier. Haricots verts, melons, tomates, courgettes… Les produits du jardin arrivent dans les assiettes tous les jours, y compris en hiver.

Un arrosage plus important mais plus espacé

Une plante utilise l’eau pour pousser, mais aussi pour transpirer. Plus elle est exposée à la chaleur, plus elle perd d’eau , indique Denis Pépin. Dans son jardin, pas question de créer une ombre permanente, empêchant certaines cultures de profiter du soleil le reste de l’année. Le jardinier préfère installer des solutions d’ombrage temporaires. Même logique pour l’arrosage. Plutôt que d’arroser souvent et en petite quantité, il privilégie des apports espacés et importants, afin que l’eau descende profondément dans le sol et atteigne les racines. Quand on met 10 litres d’eau par m², ça ne mouille que cinq centimètres d’épaisseur de sol, autant dire rien. En pleine production, ses légumes peuvent consommer cinq litres d’eau par mètre carré et par jour. Avec les fortes chaleurs, il estime être monté à sept ou huit litres, avec un arrosage tous les dix jours. Une gestion millimétrée, à rebours du réflexe qui consisterait à multiplier les petits arrosages.

« Ça sera de plus en plus dur pour tous les êtres vivants »

Derrière les gestes techniques, l’inquiétude de Denis Pépin est beaucoup plus profonde. Dans les années 1980, on avait trop chaud dès qu’il faisait 30 degrés. Maintenant, on est content quand on arrive à 30… Ce qui me fait peur, c’est qu’on s’habitue. Mais ça sera de plus en plus dur pour tous les êtres vivants de cette planète. Pour autant, il ne veut pas renoncer. Il observe, teste, adapte. Le jardinier a commencé à inventorier les plantes les plus résistantes à la sécheresse et constate que beaucoup sont des plantes exotiques persistantes. À ses yeux, le jardin n’est donc pas seulement un lieu où l’on produit des légumes : c’est aussi un laboratoire d’expériences. Si on veut survivre, nous devons avoir de quoi boire et manger, et préserver la biodiversité.