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« C’est tout ce que les Français ne supportent plus » : le camp de Bruno Retailleau relativise de possibles ralliements à Édouard Philippe

Le Figaro · 27/08/2026 · ← revue

« C’est tout ce que les Français ne supportent plus » : le camp de Bruno Retailleau relativise de possibles ralliements à Édouard Philippe RÉCIT - Pour l’entourage du Vendéen, le rapprochement d’une figure de la droite avec le candidat d’Horizons ne ferait que renforcer l’idée que LR n’est pas « soluble » dans le macronisme.

Il ne faudrait pas dramatiser ce qui n’a « aucune importance », voire ce qui est « insignifiant ». Autour de Bruno Retailleau, on balaie d’un revers de main la question des soutiens, actés ou à venir, de figures des Républicains (LR) à Édouard Philippe. « On s’y attend, on anticipe, ça ne surprendra personne, ça fera un peu mal sur le moment et puis on passera à autre chose », promet un stratège alors que, récemment encore, la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, assurait percevoir dans le programme du candidat Horizons des « signaux de convergence politique très intéressants ». De quoi en crisper certains. « Je la connais par cœur : pour monter le son aussi tôt dans la campagne, alors même qu’Édouard Philippe ne plie pas définitivement le match, elle court derrière sa rentrée dans un gouvernement », grince un historique. Une autre source a son explication : « Elle veut être certaine de pouvoir dire qu’elle fut une des premières à prôner le rassemblement. » L’entourage de Valérie Pécresse réfute fermement : « Elle ne fait que répéter ce qu’elle a toujours dit : il faut un candidat unique de la droite et du centre avec un projet arrimé à droite, en rupture avec le macronisme. » Au Sénat, un soutien de Bruno Retailleau ne veut guère s’attarder sur ces considérations : « Pécresse, Copé… Qu’ils rejoignent Philippe, bon vent ! » Ralliements réels ou fusibles ? Voilà un moment que Bruno Retailleau a intériorisé d’éventuels ralliements issus de sa famille politique. Mais autour de lui, rares sont ceux qui verseront une larme. « Cela ne fera que prouver qu’une fois de plus, le candidat LR n’est pas soluble dans le macronisme. » Surtout, renchérit-on : « Ça nous fera des boulets en moins. Nos électeurs veulent tourner cette page de l’histoire de la droite. » Un parlementaire important ajoute : « Philippe compte peut-être en utiliser certains comme des fusibles pour nous affaiblir. Ce n’est pas étonnant : c’est précisément l’exemple que lui a donné Emmanuel Macron. Très bien. La question est : est-ce que ça va participer à sa victoire ? Permettez-nous d’en douter franchement. » Il faut ouvrir les yeux : les programmes d’Édouard Philippe et de Bruno Retailleau sont exactement les mêmes que ce soit sur les sujets régaliens ou économiques

Jean-François Copé

Autour du Vendéen en effet, l’on peine à croire que tout ceci « fasse bouger des voix ». « Je ne veux pas être désagréable, mais on ne peut pas dire que NKM, hier, Valérie Pécresse, demain peut-être, ça va rebattre les cartes », médite un ancien ministre. Et puis, insiste un retailliste, « qu’est-ce que ça veut dire ? Que Philippe est prêt à gouverner avec ces gens ? C’est ça son projet : on prend les mêmes et on recommence ? ». Pour beaucoup chez LR, les ralliements risquent d’avoir un goût d’« initiative individuelle ».

« Personne ne vient avec des électeurs »

Au Figaro, Jean-François Copé précise : « À ce stade, je n’ai pris aucune décision particulière. Mon seul combat est le même depuis des mois : tout faire pour qu’on ait un seul candidat de la droite et du centre et sauver la France des griffes de Mélenchon et Le Pen. » Le maire de Meaux poursuit : « Je dis à ceux qui, chez LR, m’enjoignent de partir que ce n’est pas le sujet. Il faut ouvrir les yeux : les programmes d’Édouard Philippe et de Bruno Retailleau sont exactement les mêmes que ce soit sur les sujets régaliens ou économiques. Ça devient quasiment une copie conforme. Il faut que Bruno Retailleau l’entende. » Qu’à cela ne tienne, si « personne ne vient avec des électeurs », avance un cadre LR (pas franchement retailliste), « dans l’espèce de primaire sauvage dans laquelle Philippe, Attal et Retailleau se sont engagés, un ralliement donne un avantage au premier. Ça n’a pas d’impact immédiat mais cela prépare les esprits au fait qu’il est le meilleur candidat du rassemblement. Attal et Retailleau, non seulement ne font pas le plein chez eux, mais n’ont aucun soutien ailleurs. » Un autre ténor convoque cette image : « Dans la narration d’une campagne, il vaut mieux être celui qui se fait embrasser que celui qui se fait plaquer. » Un conseiller LR, qui ne compte pas davantage parmi les premiers soutiens du Vendéen, abonde en ce sens : « Ce n’est pas parce que des ralliements renforcent peu Philippe, voire pas du tout, qu’ils n’affaiblissent pas Retailleau. » L’entourage de Bruno Retailleau, lui, tranche : « Les appels du pied de quelques élus qui jouent placé et troquent leurs convictions contre un hypothétique maroquin ministériel, c’est précisément tout ce que les Français ne supportent plus. » Ce proche ajoute : « Franchement, faire passer son reniement personnel pour un sacrifice au nom du rassemblement, c’est habiller de grandeur morale des tout petits calculs. Personne n’est dupe. »