Check-up complet pour le pont d'Oradour-sur-Glane à Lorient

C'est une opération hors norme qui se déroulera jusqu'au 2 octobre dans le centre de Lorient. L'agglomération a en effet confié aux experts du Cerema, l'établissement public spécialiste de l'aménagement et des risques, le soin d'expertiser le pont d'Oradour-sur-Glane, un symbole de la reconstruction de la ville, édifié en 1958.
Haute volée
Grâce à une nacelle évoluant à 35 mètres de hauteur, les équipes certifiées passeront l'infrastructure au crible, recherchant le moindre signe de fatigue de l'ouvrage, des fissures par exemple. Ils contrôleront également les armatures, vérifieront les étanchéités et inspecteront les quelque 400 caissons internes de l'ouvrage. Contrairement à d'autres infrastructures, la responsabilité du pont d'Oradour-sur-Glane, n'a pas été explicitement tranchée entre l'Etat et la collectivité et il n'a donc pas fait l'objet d'un plan de suivi régulier. « Cette expertise complète et indépendante apportera une vision objective de l'état de cet ouvrage emblématique. Les décisions qu'elle engendrera permettront d'assurer sa pérennité et de garantir un haut niveau de sécurité pour les usagers », a commenté Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération.
Nuisances limitées
Après les examens extérieurs, commencés fin août, c'est le coeur du pont - les fameux caissons formant le tablier - qui sera méticuleusement inspecté durant une dizaine de jours. Bien qu'important, ce chantier ne devrait pas générer de perturbations trop importantes sur cet axe emprunté par quelque 20.000 véhicules chaque jour. « Les restrictions resteront limitées à des créneaux de quelques heures en journée, sans intervention nocturne », précisent les services de Lorient Agglomération. Au total, le montant de cette inspection inédite est chiffré à 150.000 euros, financés à hauteur de 50 % par l'Etat au titre du soutien à l'investissement local. Le solde est réparti à parité entre l'agglomération et la ville de Lorient. Considérée comme la ville la « plus mutilée de France » par le général de Gaulle lui-même, Lorient a été détruite à près de 90 % par les raids alliés de 1943. Lancée quatre ans plus tard, sa renaissance a demandé plus de trente ans de travaux.