Revue de presse

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Une décennie de polémique : à Rennes, les rythmes scolaires doivent-ils être réformés ? La Ville rouvre le débat

Le Télégramme · 02/09/2026 · ← revue

Le serpent de mer refait surface. Faut-il réformer les rythmes scolaires dans les écoles publiques de Rennes ? Attention, pas question de toucher à la semaine des 4,5 jours, prévient Nathalie Appéré. Mais d’autres aménagements sont possibles. Raccourcir la pause méridienne, avancer le début des cours, n’étudier que le matin en cas de pic de chaleur… En cette rentrée 2026, la maire l’annonce : une concertation doit avoir lieu avec les parents et les profs dans les prochains mois sur ce sujet, qui agite le débat local depuis plus de dix ans.

Cette réforme Peillon qui n’est toujours pas passée

Retour en 2013. À l’époque, le ministre - socialiste - de l’Éducation se nomme Vincent Peillon. Sa grande réforme prévoit notamment le passage à la semaine de quatre jours et demi dans le primaire, contre quatre auparavant. Les communes ont jusqu’à la rentrée 2014 pour la mettre en place. Comme d’autres grandes villes dirigées par la gauche, Rennes l’applique avec un an d’avance. Une décision du maire Daniel Delaveau, qui met le feu au monde éducatif rennais. Inquiets des impacts de ce changement précipité, une bonne trentaine de directeurs font même la grève des inscriptions au printemps. Depuis, la polémique ne s’est jamais vraiment éteinte. Lors de la campagne des municipales de mars 2026, Charles Compagnon proposait d’organiser un référendum. Au dernier conseil municipal de juillet, l’opposition tançait encore « le dogmatisme » de l’exécutif, campé sur son refus de faire marche arrière, alors que 93 % des communes françaises sont revenues aux quatre jours. Et la droite de pointer l’absence d’évaluation de l’impact de cette réforme, notamment sur la fatigue des enfants.

La semaine de 4,5 jours pour lutter contre les inégalités

En face, la municipalité répète ses arguments. Étude à l’appui, elle estime que les 4,5 jours sont plus respectueux du rythme biologique de l’enfant. Maintenir l’école le mercredi matin contribue aussi, à ses yeux, à la réduction des inégalités, les familles monoparentales et les plus modestes n’ayant pas toujours les moyens de les faire garder. Ni la possibilité de leur offrir des activités extrascolaires. Autre avantage : aller à l’école une matinée supplémentaire limite la sédentarité et réduit le temps d’exposition aux écrans. De la pure polémique politique ? Pas seulement. Une bonne partie des syndicats enseignants demande aussi à la mairie de revoir sa copie. C’est le cas de la CFDT, notamment. Sans s’opposer par principe à la semaine de 4,5 jours, l’organisation a dans son collimateur la longue pause méridienne. Une interruption des cours de deux heures et quart, entre 12 h et 14 h 15, qui rallonge la journée des profs et les oblige à organiser leurs réunions le soir.

Le casse-tête de la réforme des rythmes scolaires

Nathalie Appéré ouvre donc la voie à une nouvelle organisation des journées, mais sans remettre en cause les 4,5 jours. Et elle prévient d’emblée : les contraintes sont nombreuses. Cet emploi du temps* orchestre le quotidien de 14 500 élèves et 89 établissements. « Les familles ont leur propre organisation. Nos agents ont aussi leurs impératifs. Toucher ne serait-ce qu’à cinq minutes a un impact considérable sur un grand nombre de personnes. » Et risque fort de faire des mécontents, quoi qu’il arrive. Le tout dans un cadre général - 24 h d’enseignement par semaine sur 36 semaines - dicté par l’Éducation nationale. La maire ne veut donc pas se précipiter. « La méthode de cette concertation sera présentée dans le courant de l’année », se borne-t-elle à préciser. Elle veut cependant « accélérer » par rapport au calendrier initial. La canicule historique de juin et la colère provoquée par les fermetures en urgence de certaines écoles surchauffées sont passées par là. Faut-il annuler automatiquement l’école lors des pics de chaleur ? Ou plutôt avancer le début des cours pour libérer les enfants sur les heures les plus intenables ? La communauté éducative rennaise sera invitée à donner son avis. « L’idée est d’améliorer notre protocole fortes chaleurs pour avoir des règles claires, opposables et aussi anticipées que possible. » Une autre manière de reconnaître, comme elle l’a déjà fait, que « tout n’a pas été parfait » dans la gestion de crise. * Sauf dérogation, les horaires sont organisés ainsi dans les écoles rennaises : 8 h 45 - 12 h ; 14 h 15 - 16 h 15 (ou 16 h le vendredi) ; 8 h 45 - 12 h le mercredi.