Revue de presse

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« Il faut changer » : plombé par un déficit de 250 000 €, le festival du film britannique à Dinard face à un tournant

Le Télégramme · 02/09/2026 · ← revue

« Il n’a plus le rayonnement de ses premières années », constate Vincent Rémy, aujourd’hui adjoint à la culture à la ville de Dinard mais fidèle festivalier depuis la création de l’évènement. À l’époque, les venues de Roger Moore, John Hurt, Ben Kingsley, Charlotte Rampling provoquèrent une couverture médiatique nationale dès la première édition du festival du film britannique et irlandais. « Pourtant la production britannique était très médiocre mais tout le monde avait à cœur de la soutenir », rembobine Thierry de la Fournière, l’initiateur de l’évènement. Il faut dire que depuis sa naissance très enthousiasmante, au début des années 90, le contexte a changé.

C’est même le seul évènement dinardais a ne pas connaître un réel essor

« À l’époque, c’était le seul festival consacré au cinéma Britannique. Aujourd’hui, il y a au moins sept festivals en France qui honorent le cinéma d’outre-Manche », poursuit Vincent Rémy. Et le Brexit n’a rien arrangé. Les films projetés à Dinard sont peu distribués en France, la suppression de la ligne aérienne Londres Dinard a aussi impacté le festival et aujourd’hui les répercussions nationales du festival ne sont certainement plus celles des premières années.

Un déficit de 250 000 €

« L’absence actuelle de médiatisation nationale ne vient pas seulement de l’essoufflement de la formule. Le modèle économique du cinéma n’est plus celui dans lequel a été créé l’événement. Le rapport à l’image évolue, les jeunes générations consomment autrement le cinéma. Il faut donc changer », analyse le père du festival qui considère que l’évènement « s’est enraciné localement, et qu’il est resté fidèle à sa spécificité ». Piloté par la ville, le festival stagne et accuse un déficit annuel de 250 000 €, incompressible dans le format actuel. « C’est même le seul évènement dinardais a ne pas connaître un réel essor, ajoute Martine Guénégant, adjointe à la communication. Une étude externe doit permettre de déterminer comment lui redonner de l’attractivité et quel modèle adopter pour l’avenir. »

Une étude de transformation commandée

La Ville souhaite donc engager une réflexion prospective sur les évolutions possibles du Dinard Festival du film britannique et irlandais, « tant quant aux choix de contenu artistique et culturel, que quant au mode de gestion (actuellement en régie municipale), au rayonnement attendu, ou encore quant au modèle économique le plus pertinent à mettre en place. C’est une période charnière pour engager cette réflexion, puisque le contrat de la directrice artistique se termine cette année ». La Ville de Dinard va donc s’entourer d’un prestataire d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), chargé de mener une analyse prospective sur les pistes d’avenir possibles de la manifestation. Une étude estimée entre 15 000 et 20 000€. « Ce n’est pas une étude de crise, mais une étude de transformation. Il nous faut un regard éclairé de l’extérieur, pour anticiper et construire un renouveau », tient à préciser l’adjointe au maire qui ne veut pas perdre de temps.