« Raviver les produits » et « relier les gens » : ce couple a lancé une application afin de lutter contre le gaspillage alimentaire près de Rennes
Lutter contre le gâchis alimentaire tout en créant du lien social : c’est le pari de Ravively, une application pensée par un couple de Bruz, près de Rennes. La plateforme fonctionne sur un système de dons et de crédits pour inciter les habitants à partager leurs surplus. « D’un côté, raviver les produits. De l’autre, relier les gens. » C’est ainsi qu’est née l’application Ravively à Bruz, près de Rennes, il y a un peu plus d’un an. Derrière le projet se cache un couple de Bretons, Kevin Boulanger, 35 ans, et Marine Kervella, 36 ans. « Ravively est véritablement opérationnelle depuis le 1er août 2026 », assure ce duo de trentenaires. Son concept : proposer des dons afin de lutter contre le gaspillage alimentaire et matériel. L’aventure a commencé il y a quelques années. Le couple quitte alors son travail respectif dans le milieu de la finance pour se reconvertir dans le développement web. Le tout, animé par la volonté de s’aligner avec ses valeurs : « Je croyais qu’en étant banquière, je pourrais aider les gens, mais ce n’est pas le cas, explique Marine. Nous avons revu nos priorités. » Please close pop-out player to resume playback. video playing Saint-Brandan : le combat de cette famille contre la cimenterie installée au fond de son jardin
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Cette déception face au monde financier s’est mêlée à un autre constat. « On voyait à la télévision des étudiants qui, tout en étudiant et en travaillant, devaient aussi se débrouiller pour aller à la Banque alimentaire ou auprès d’autres organismes de distribution. » Une réalité qui résonnait aussi avec leur propre quotidien : « En tant que parents de trois enfants, il nous arrive d’avoir du gâchis qui termine à la poubelle. Le gaspillage reste important dans les ménages et il n’y avait pas de solution concrète. Il nous fallait un outil pour relier le gaspillage des foyers aux besoins des étudiants. C’est la genèse du projet. »
Quatre catégories de produits
Nourrie par ces constats, l’idée de plancher sur l’application a pris forme. Il y est possible de trouver des denrées sèches, des produits d’hygiène ou pour bébés, et même des plats cuisinés, le tout avec une inscription gratuite. « Il y a quatre grandes catégories, expose Kevin : l’alimentaire, l’hygiène, la puériculture et la nourriture pour animaux. » Un compteur d’impact affiche d’ailleurs quelques chiffres en haut de l’écran. En août, l’application a permis d’éviter le gaspillage de 15,7 kg de produits. Un résultat encore éloigné des 61 kg de déchets alimentaires jetés chaque année par habitant en France, selon le ministère de l’Agriculture. « Pour l’instant, nous comptons 550 utilisateurs, précise Kevin. L’application fonctionne avec un système de crédits : donner un produit donne droit à deux crédits, tandis que récupérer un don en coûte un. »
Connecter les personnes
Pour le couple, l’objectif est aussi de créer du lien entre habitants d’un même quartier ou d’une même commune. L’application permet de repérer des offres dans un rayon de 20 kilomètres et vise en particulier le public étudiant. « Si quelqu’un au bout du couloir a fait trop de pâtes et qu’un autre a une portion de viande en trop, l’idée est aussi de les mettre en relation. » D’ici la fin de l’année, les deux développeurs espèrent atteindre entre 1 000 et 2 500 utilisateurs dans la métropole rennaise. Ils souhaitent également explorer de nouvelles pistes : « Nous essayons de nouer des partenariats avec des professionnels pour qu’ils proposent eux aussi des dons. Nous sommes par exemple en contact avec un boulanger pour ses invendus de pain. » Le tout, avec une ambition renouvelée : redonner du bon sens à notre consommation.