Revue de presse

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« On peut tenir une petite semaine » : à Sein, une nouvelle panne fait encore chuter les réserves d’eau

Le Télégramme · 20/08/2026 · ← revue

La situation se tend encore à l’île de Sein (29). Alors que l’île dépend entièrement de son unité de dessalinisation pour son approvisionnement en eau potable, l’unique osmoseur encore opérationnel enchaîne les incidents. « Depuis quelques semaines, il nous joue des tours : il a eu quatre ou cinq problèmes successifs », indique le maire, Didier Fouquet. Dernier incident en date : une pompe bloquée. Une nouvelle a été commandée mais son délai de livraison est estimé à « quinze jours, trois semaines ». Dans l’immédiat, la commune espère pouvoir remettre l’installation en service grâce à des roulements à billes trouvés rapidement. Un élu doit faire, ce vendredi 21 août, l’aller-retour à Brest pour les récupérer. « Si ce n’est pas la pompe complète qui est morte mais que ce sont juste les roulements qui sont grippés, on espère que ce remplacement pourra dépanner », explique le maire.

Une nouvelle coupure de 14 h à 18 h

Le temps presse, les réserves d’eau, qui atteignaient habituellement trois semaines à un mois en fin d’été, ne sont plus que de 500 à 600 m³. « Ça nous permet de tenir une petite semaine, estime Didier Fouquet, à condition de renforcer les mesures d’économie. » Depuis le 4 août, l’eau était déjà coupée chaque nuit, de 22 h à 7 h. Une nouvelle coupure vient d’être décidée : de 14 h à 18 h. « On coupe quatre heures de plus dans la journée », annonce le maire. Ces horaires ont été choisis afin de « pénaliser le moins possible les commerçants ». On n’exclut pas d’acheter des palettes d’eau au cas où on n’arrive pas à une solution rapide. La commune va également renforcer l’information des visiteurs. La compagnie de transport maritime Penn Ar Bed doit communiquer davantage, au moment de la vente des billets, pour rappeler l’aspect critique de la situation. Enfin, la mairie n’exclut pas « d’acheter des palettes d’eau au cas où on n’arrive pas à une solution rapide ». La préfecture a organisé, ce jeudi 20 août, une visioconférence avec les différents acteurs susceptibles d’aider la commune qui ne fait pas partie d’un EPCI.

« C’est une mauvaise phase à passer »

À cette urgence s’ajoute une fragilité de fond : l’osmoseur, âgé de 18 ans, ne produit plus que 100 à 120 m³ par jour, contre 140 m³ à l’origine. En été, l’équilibre devient particulièrement fragile : la fréquentation de l’île, qui compte une centaine d’habitants l’hiver, dépasse alors le millier de personnes, faisant grimper la consommation à plus de 100 m³ d’eau par jour. Un équilibre précaire que la commune tente, depuis plusieurs mois, de sécuriser. Des pièces de rechange ont été commandées, l’automate a déjà été remplacé et une nouvelle installation est attendue début 2027. « On ne peut pas anticiper toutes les pannes mais ce qu’on a déjà anticipé, c’est l’achat d’un nouvel osmoseur », rappelle Didier Fouquet. En attendant, l’île doit franchir cette nouvelle période de tension. « C’est une mauvaise phase à passer », résume le maire. Mais avec des réserves qui se comptent désormais en jours, la réparation devient urgente.