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Sénatoriales 2026 : Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc Mélenchon et principal espoir Insoumis dans le Rhône

Le Figaro · 11/08/2026 · ← revue

Sénatoriales 2026 : Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc Mélenchon et principal espoir Insoumis dans le Rhône Pilier historique de LFI, le discret député tentera de devenir en septembre prochain le premier sénateur de son mouvement, qui espère capitaliser sur ses conquêtes municipales dans le département.

Entre les deux hommes, l’histoire remonte à quatre décennies. Gabriel Amard n’est encore qu’un étudiant de 19 ans lorsqu’il rencontre Jean-Luc Mélenchon, alors sénateur socialiste de l’Essonne, qui avait demandé à échanger avec les jeunes grévistes de son département, mobilisés contre le projet de loi Devaquet. Le début d’un long compagnonnage. À 59 ans, Gabriel Amard, devenu gendre de son mentor, se range lui-même parmi les « bons soldats », ceux qui répondent « toujours présents » dès qu’on les sollicite. Le voilà donc candidat, en « bon soldat », aux sénatoriales du 27 septembre prochain dans le Rhône, quatre ans après y avoir été élu député. Un « choix stratégique » du mouvement, explique-t-il, qui a encouragé ses parlementaires à mener des listes pour la Chambre haute. En attendant le renouvellement plus favorable de 2029, qui comprendra l’Île-de-France et le Nord, tous les espoirs Insoumis reposent sur le département rhodanien : les conquêtes municipales de Vénissieux, Vaulx-en-Velin et Saint-Fons ont étoffé en mars dernier leur réservoir de grands électeurs, en plus des conseillers LFI à Lyon. « La marche reste haute », reconnaît Gabriel Amard, qui s’emploie à convaincre les maires divers gauche et sans étiquette. Une lettre a été envoyée aux élus du coin pour « établir le contact », détaille-t-il, avant des rencontres thématiques à la rentrée, consacrées notamment aux attentes des communes rurales et à la planification écologique. « Être représentés au Sénat serait un acte démocratique, ne serait-ce que pour permettre aux textes que l’on adopte ou soutient à l’Assemblée nationale de poursuivre la navette parlementaire », argumente ce diplômé de droit, spécialiste des questions de l’eau. Mais le chemin pour décrocher un premier élu à la Chambre haute est étroit : les Écologistes, quasi assurés de voir leur sénateur Thomas Dossus reconduit, ont choisi, comme ailleurs, de toper avec le Parti socialiste, plaçant en deuxième position Hélène Geoffroy, ex-maire de Vaulx-en-Velin, battue dans son fief par les mélenchonistes. « Ils ont préféré s’allier avec le PS de François Hollande. Je sais que ça ne plaît pas à tous les écologistes », assure Gabriel Amard.

« C’est son commissaire politique »

Certains voient pourtant d’un drôle d’œil la nouvelle aventure électorale de l’Insoumis, que les adversaires ne se privent pas de surnommer « Monsieur Gendre ». « On ne mélange pas notre vie privée et notre vie publique. C’est un principe intangible à La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon ne se mêle pas des élections », balaie l’intéressé, qualifié par son mentor lui-même de « pilier » du « système militant ». « C’est son commissaire politique qui fait partie du clan Mélenchon. Il n’est pas là pour qu’on le voie mais pour que les choses soient tenues », estime un élu de gauche qui a croisé sa route. » LIRE AUSSI - Élections sénatoriales : le RN se prépare à entrer en force au Palais du Luxembourg, les Insoumis en embuscade Gabriel Amard n’apprécie pas plus l’étiquette de « parachuté » que lui accolent ses opposants : d’abord enraciné à Viry-Châtillon en Essonne, dont il a été maire à seulement 28 ans, l’ancien socialiste a ensuite tenté sa chance dans le Jura aux législatives puis aux européennes, avant d’enfin conquérir la circonscription de Villeurbanne. « C’est quelqu’un d’intelligent, un professionnel absolu de la politique. Il enchaîne les déménagements d’opportunité autant que les mandats », griffe un responsable de gauche. « Ma famille est de Villeurbanne depuis cinq générations, je ne suis pas là par hasard », réplique l’intéressé, qui croit, selon les mots de Jean-Luc Mélenchon, à l’« histoire longue ». Sans doute espère-t-il s’y inscrire en devenant le premier sénateur Insoumis, quitte à laisser sa place de député à sa suppléante… socialiste. « Certains voudront peut-être me faire élire pour cette raison », plaisante-t-il.