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Stéphane Delpeyrat, maire de Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux : «Le gros du feu prend une direction plus au nord»

Le Figaro · 25/07/2026 · ← revue

Stéphane Delpeyrat, maire de Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux : «Le gros du feu prend une direction plus au nord» ENTRETIEN - Saint-Médard-en-Jalles fait partie des communes proches de Bordeaux dont l’évacuation a été ordonnée durant la nuit. Une bonne partie de la zone est fortement touchée par les fumées et les pluies de cendres, selon les témoins sur place.

Saint-Médard-en-Jalles fait partie des sept communes proches de Bordeaux dont l’évacuation a été ordonnée dans la nuit de vendredi à samedi par la préfète de Gironde Sophie Brocas. Stéphane Delpeyrat en est maire depuis 2020. Il est également vice-président de Bordeaux Métropole (développement économique et emploi, enseignement supérieur et recherche). LE FIGARO. - Votre commune compte quelque 33 000 habitants, comment s’est déroulée l’évacuation? Stéphane DELPEYRAT. - La plupart des habitants sont partis. Je dirais qu’à 95%, ils sont allés chez des proches ou des amis. Malgré quelques récalcitrants - mais c’est très marginal - la ville est vide à présent. On avait anticipé l’annonce: dès 19h-20h, les gens étaient prévenus que ça pouvait arriver, ils ont pu prendre les devants. Beaucoup d’entre eux sont en vacances, ce qui a aussi facilité la circulation. Nous avons mis des bus à disposition toute la nuit, et des minibus vont récupérer les personnes plus isolées. Votre ville abrite un site «Seveso » à haut risque partagé entre les sociétés ArianeGroup et Roxel, et installé sur l’ancienne poudrerie nationale. Comment est-il sécurisé? Il y avait eu une évacuation à blanc d’un des sites industriels il y a deux ans pour voir comment cela pouvait fonctionner. Ces sites sont gérés en coordination avec la préfecture par les entreprises elles-mêmes. Elles ont des procédures spéciales. Les habitants qui ont dû partir ont du mal à savoir comment le feu progresse. Est-il encore éloigné? Pas tant que ça. Hier soir, la situation était vraiment très préoccupante car on craignait des vents forts. Finalement, il y a eu un tout petit peu de pluie, ce qui suffit à produire un peu d’humidité dans l’air. Ça ralentit un peu la bête. Ce matin nous sommes un peu plus optimistes: la météo a évolué et le gros du feu qui avançait comme un mur ne fonce plus droit sur nous mais prend plutôt une direction un peu plus au nord. Mais tout peut évoluer d’une heure à l’autre. Rien n’est stabilisé. L’évacuation de quartiers de Mérignac (où se trouve l’aéroport), plus au sud, est donc elle aussi préventive? Oui, la stratégie de la préfecture, c’est de dire qu’il vaut mieux évacuer préventivement que de gérer la panique. Quand vous évacuez des petites communes, c’est relativement simple et ça va vite. Mais si cela concerne 100 000 habitants, ça commence à être plus compliqué. Vous n’avez donc aucune idée de quand les gens pourront revenir chez eux? Non, pas du tout. C’est trop tôt. Comment vous tenez-vous informé? Nous avons un groupe WhatsApp et des réunions en visio régulières avec les maires concernés, la métropole. Et nous sommes évidemment en contact avec nos correspondants du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) et de la gendarmerie. Mardi, deux sapeurs-pompiers de Saint-Médard sont morts lors d’une intervention contre un incendie près de l’aéroport de Bordeaux. Votre ville paie déjà un lourd tribut à cette saison des feux... Oui, on a eu l’hommage avant-hier soir aux pompiers tués. Maintenant ça. Nous sommes tous un peu assommés. Mais bon, il faut tenir bon.