Docteurs juniors, bourse communale : à Argenteuil, les centres de santé font le plein de médecins

Par Hugo Robert
Pour contrer les effets nocifs de la désertification médicale sur les populations les plus fragiles, les communes populaires d'Ile-de-France manquent cruellement de médecins. A Argenteuil (Val-d'Oise), l'arrivée de trois docteurs juniors et d'un médecin lauréat de la bourse communale vient conforter la dynamique positive autour des deux centres de santé communaux, malgré des besoins encore immenses. Ils sont désormais une trentaine de praticiens à exercer dans les deux établissements de la plus grande ville du Val-d'Oise et ses 106.000 habitants. La commune est bien aidée par le déploiement des « docteurs juniors » sur tout le territoire national, dont trois ont choisi d'exercer dans la commune. Au total, ils sont 400 à être déployés en Ile-de-France et 29 affectés dans le département pour lutter contre la désertification médicale.
Des médecins plus nombreux
Le docteur junior est un interne ayant soutenu sa thèse et poursuivant sa formation. Durant cette phase de consolidation, le docteur junior réalise des consultations et assure le suivi des patients sous la supervision d'un médecin. « Parmi les trois femmes médecins qui ont choisi de s'implanter, deux se sont portées volontaires après y avoir déjà effectué leur stage », précise Carine Gonçalves, adjointe au maire déléguée aux Affaires sociales, à la Santé et à l'Hygiène. La troisième a été sélectionnée parmi une quarantaine de profils par la ville. La commune a également décidé de mettre directement la main à la poche en rénovant ses équipements de santé et en donnant un coup de pouce financier à l'installation. Quatre ans après le lancement d'une bourse communale pour attirer des praticiens, un second candidat vient d'être retenu et va exercer. Pendant trois ans, la Ville pourra accompagner sa formation à hauteur de 12.000 euros par an. En contrepartie, il s'engage à exercer pendant au moins trois ans à Argenteuil.
Relais de prévention
Si de nouveaux praticiens arrivent, de nombreux habitants précaires sont encore sous les radars et ne se rendent pas chez le médecin, notamment des femmes. Pour répondre à cette problématique, la municipalité vient ainsi de nouer un partenariat avec l'association Banlieues santé à travers le programme « Ambassadrices Santé », lors du conseil municipal du 3 novembre. Concrètement, des femmes issues des quartiers prioritaires vont être formées afin qu'elles deviennent des relais de prévention auprès des habitants. La mise en oeuvre de ce programme au sein de la Maison de quartier du Val-d'Argent-Nord devrait monter en puissance. « J'espère que ce projet s'étendra sur les autres quartiers », appuie Ridha Tabib, adjoint au maire délégué à la coordination des quartiers et au quartier du Val-d'Argent-Nord.