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«Édouard Philippe, c’est Balladur en mou» : les indiscrétions du Figaro Magazine

Le Figaro · 05/11/2026 · ← revue

«Édouard Philippe, c’est Balladur en mou» : les indiscrétions du Figaro Magazine CHRONIQUE - Petites phrases et coulisses de la semaine politique.

Édouard Philippe n’a jamais été le favori de l’Élysée dans la course à la succession d’Emmanuel Macron. Le président, comme un grand nombre de ses conseillers, n’a jamais considéré l’ancien premier ministre comme ayant la capacité d’entraîner les Français dans une campagne présidentielle. Son passage sur TF1 dimanche dernier ne les a pas fait changer d’avis. « C’est Édouard Balladur en mou », a tranché l’un d’eux, pas mécontent de sa trouvaille. Il est resté pantois quand il a entendu le maire du Havre expliquer qu’« au mois de février, chacun prendra ses responsabilités. Si les Français ont décidément envie de passer à autre chose, eh bien, écoutez, j’en tirerai les conséquences. » Il y a décelé une certaine fébrilité et vu une manière de dire qu’il pouvait tout aussi bien jeter l’éponge ! « Il a acté qu’il était fragile et qu’au fond il n’avait pas tellement envie de cette campagne », en a conclu ce conseiller d’Emmanuel Macron. » LIRE AUSSI - Présidentielle 2027 : le reflux d’Édouard Philippe réveille le débat sur la primaire à droite De son côté, selon un de ses proches, le président de la République, même s’il se tient soigneusement à l’écart de la campagne, est agacé par « l’esprit de défaite » qu’il sent monter, notamment chez les élites. « Quand on est candidat, on se bat jusqu’au bout », s’inquiète-t-on à l’Élysée où l’on constate qu’au sein du bloc central, il y a peu de candidats de rechange. L’hypothèse de Jean Castex ou Sébastien Lecornu en recours n’est même plus brandie. Il faut dire que l’hôte de Matignon n’est plus, depuis le budget et surtout la crise sociale, en situation politique de pouvoir prétendre jouer un rôle dans la campagne présidentielle.

Édouard Philippe n’est pas la saison 3 du macronisme

Un soutien de l’ancien premier ministre

Le terrain, le terrain, le terrain. C’est de cette manière qu’Édouard Philippe compte répondre à tous ceux qui émettent des doutes sur sa campagne, s’appuyant sur les sondages où il perd des points, comme ses concurrents au sein du bloc central élargi. « On a le vent de face, mais on a de bons fondamentaux sur le positionnement, estime un soutien de l’ancien premier ministre. C’est ce qui nous rend optimistes. » Autour d’Édouard Philippe on relativise la période actuelle en expliquant que l’écart avec Gabriel Attal et Bruno Retailleau est toujours le même depuis la rentrée. Dit autrement, si le maire du Havre baisse, ses principaux concurrents ne lui prennent pas de parts de marché. » LIRE AUSSI - Présidentielle 2027 : plus que jamais assuré d’être au second tour, Mélenchon creuse encore l’écart avec Philippe, selon un sondage Ensuite, Édouard Philippe l’a toujours dit à ses troupes, la campagne démarrera vraiment à partir de janvier 2027. D’ici là, il faut garder ses nerfs, éviter de répondre aux provocations et continuer à dérouler les propositions en montrant que le candidat incarne l’espoir et n’est en rien le continuateur d’Emmanuel Macron. Ce qu’un de ses soutiens résume : « Édouard Philippe n’est pas la saison 3 du macronisme. » Mais quand tout le monde le ramène à sa période de Matignon, il est difficile de se placer en rupture. Pour autant, « on est assez confiants sur sa capacité à battre Jean-Luc Mélenchon au premier tour », prévient un élu, plus inquiet sur le second tour dans un pays arrivé au bout de ses contradictions et tenté par un vote Marine Le Pen.