« Une société vieillissante » : l'Université Bretagne Sud en soutien de la jeunesse

Les déclarations de soutien au mouvement lycéen et, désormais, étudiant, se multiplient dans l'Hexagone. Dans le Morbihan, le conseil d'administration de l'Université Bretagne Sud (UBS) a ainsi adopté, mardi 3 novembre, une motion reprenant, dans les grandes lignes, le manifeste « Faisons de la jeunesse une grande cause nationale », signé le 20 octobre dernier par 80 présidents d'université. Pour l'UBS, le constat est sans appel : l'université, « comme l'ensemble des établissements bretons et nationaux, est structurellement sous-dotée depuis des années », insiste son président David Menier.Tout en rappelant que la fronde dépasse, de loin, les simples questions budgétaires. « Nous ne pouvons que comprendre un mouvement qui proteste contre l'absence de perspectives d'une société vieillissante qui ne place pas la jeunesse au coeur de ses préoccupations, et qui appelle de ses voeux une politique publique d'avenir pour la jeunesse », déplore le président de l'UBS, qui compte 10.000 étudiants environ, répartis entre les campus de Lorient, Vannes et Pontivy.
Dialogue nécessaire
En 2024, une étude de l'agence de développement économique Audélor avait montré que le revenu moyen net de ces étudiants ne dépassait pas les 870 euros, un niveau bien « inférieur à la moyenne nationale », soulignait-elle alors. Dans un territoire très tendu sur le plan du logement, ce poste pesait, à lui seul, pour 45 % dans le budget des jeunes. Face à ces difficultés, que partagent nombre d'établissements d'enseignement supérieur français, la direction de l'UBS demande donc un « dialogue rapproché » avec le ministère afin d'obtenir les « moyens nécessaires à l'accomplissement de ses missions ». La présidence souligne par ailleurs que l'UBS, en dépit de ces difficultés, continue de porter des projets de recherche structurants, y compris au niveau national. David Menier a rencontré par trois fois les représentants des étudiants en octobre. Un dialogue nécessaire, selon lui, pour « garantir le droit à l'expression des étudiants », mais aussi « assurer la continuité du service public ».