« Il ne s’agit plus d’aider, mais de sauver » : l’opposition tacle Rennes métropole sur le soutien au commerce
C’était une évidence. Le climat social allait forcément trouver une manière de s’engouffrer dans les débats du conseil de Rennes métropole, jeudi 5 novembre 2026. D’autant plus, quelques heures après une mobilisation record qui a conduit 32 000 personnes dans la rue.
C’est Nathalie Appéré qui a abordé le sujet, en préambule, en répétant son soutien aux revendications des manifestants. Elle a aussi rappelé le plan d’action de Rennes et sa métropole pour soutenir les commerçants, qui alertent sur l’impact du mouvement sur leur activité. La Métropole prévoit, notamment, la gratuité des transports en commun les quatre samedis précédant Noël, une première heure de stationnement offerte dans les parkings de la ville aux mêmes dates et la diminution des droits de terrasse pour les commerçants les plus touchés.
Quelques minutes plus tard, l’opposition de droite et du centre s’est engouffrée dans une délibération indirectement liée au sujet pour dénoncer un soutien aux commerçants qu’elle juge insuffisant.
C’est Charles Compagnon qui a allumé la première mèche : Il ne s’agit plus d’aider, mais de sauver le commerce de centre-ville. Il faut mobiliser immédiatement tous les leviers économiques et financiers et mettre en place un véritable plan d’urgence et pas de soutien pour sauver nos commerces. Si une vitrine peut se remplacer, un commerce ne rouvre pas nécessairement et un centre-ville qui se meurt ne se répare pas avec des communiqués de presse.
Carole Gandon, du même groupe d’opposition, a enfoncé le clou en demandant à la majorité d’étendre la gratuité des transports à tous les week-ends jusqu’à Noël et aux périodes de soldes ainsi que de renforcer les mesures de soutien financier et fiscal ».
Sébastien Sémeril, vice-président en charge de l’économie, a dénoncé une approche politicienne. Avant de poursuivre : Il est tellement facile quand on est dans la minorité de plaider à longueur de temps pour des phénomènes de gratuité sans envisager les financements. Nous allons bientôt voter un budget et nous constaterons les dégâts après plusieurs années successives de baisse des dotations de l’État. Nous avons une réalité qui nous oblige et nous ne pouvons pas déployer à tout va. Les quatre samedis de gratuité (dans les transports et pour le stationnement) représentent un impact financier de plus de 550 000 € sur notre budget.
L’élu Insoumis Victor Bayard s’est invité dans les débats en regrettant l’empathie pour les vitrines mais pas pour les violentés. Au sujet de la casse et des événements du 17 octobre dernier, il a précisé : « Nous ne validons pas ce mode d’action politique tout en évoquant des pillages de nécessité et d’opportunité.