«Je suis convaincu qu’on va faire campagne ensemble» : à Saint-Ouen, Glucksmann tend la main à Bouamrane

«Je suis convaincu qu’on va faire campagne ensemble» : à Saint-Ouen, Glucksmann tend la main à Bouamrane Le social-démocrate s’est rendu ce mercredi soir au lancement du livre du maire socialiste de la ville, lui aussi candidat déclaré à l’élection présidentielle.
Drôle de tableau, mercredi soir, sous les halles de la Communale à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Perché sur l’estrade, Karim Bouamrane chauffe ses troupes, les bras sans cesse en mouvement, puis déroule les grandes lignes de son dernier livre L’espoir ou le mépris (Ed. Plon), sorte de biographie qui retrace les raisons de son aventure présidentielle. Dans la foule, faufilé au premier rang, se trouve aussi… un autre candidat. Convié par le maire, Raphaël Glucksmann l’écoute religieusement et applaudit même des deux mains. «Merci pour le respect que tu me témoignes. Ici tu es chez toi. Ici on t’applaudit», lui a lancé Karim Bouamrane depuis la scène. De là à y voir le début d’un rapprochement entre les deux hommes ? «L’objectif, c’est que je fasse campagne, que je fasse connaître mes propositions, ma vision», martelait Karim Bouamrane en aparté, quelques minutes avant de retrouver ses militants. Plus tôt dans la journée sur le plateau de RMC, le quinquagénaire, qui avait refusé de se soumettre à la primaire de son camp, avait déjà assuré qu’il comptait bien «tracer sa route». Bien sûr, répète-t-il, Raphaël Glucksmann est un «ami» et un «compagnon de route», qu’il avait même accueilli dans son fief audonien pendant la dernière campagne européenne. «L’intérêt de la France fera que la République devra primer», a-t-il néanmoins prévenu, laissant entendre qu’il pourrait, tôt ou tard, se ranger derrière le candidat officiellement investi par les socialistes. Message visiblement reçu par Raphaël Glucksmann, qui n’avait, jure-t-il, surtout pas l’intention de voler la vedette à l’édile. «J’avais envie de l’écouter. Je le laisse faire la promotion de son livre», a assuré l’ancien essayiste devant la presse, avant de rejoindre son camarade sur scène, le temps d’une accolade et de quelques photos. Raphaël Glucksmann n’a pas non plus manqué de dire tout le bien qu’il pensait de Karim Bouamrane, sorti de l’ombre lors des Jeux olympiques de 2024. «Il incarne quelque chose. Il s’affirme comme un des principaux défenseurs des valeurs républicaines, il défend l’excellence dans les quartiers populaires», a-t-il notamment loué.
«Il aura un grand rôle à jouer»
Le fondateur de Place Publique n’était, certes, pas venu pour parler présidentielle, mais il a tout de même pris soin de faire savoir qu’il «tendait plus que la main» au maire de Saint-Ouen. «Je suis convaincu qu’on va faire campagne ensemble. Il aura un grand rôle à jouer dans la campagne et dans l’avenir du pays», a insisté le candidat, qui avait déjà assisté, il y a deux ans, au lancement de «La France humaine et forte», le mouvement de Karim Bouamrane. D’ailleurs, l’eurodéputé a pu croiser plusieurs de ses camarades ce mercredi soir dans l’assistance : le patron des sénateurs PS, Patrick Kanner, la sénatrice Laurence Rossignol, l’ancien maire de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, ou encore l’ancien premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis…