Lycées à rénover en urgence: la Région Normandie juge le classement du ministère de l’Éducation nationale « incohérent »
Après la concertation lycéenne du mois d’octobre, le ministère de l’Éducation nationale a établi une liste de 200 établissements publics à rénover en priorité en France, notamment via les données enregistrées sur la plateforme Agora.
Des signalements ont été enregistrés pour 2 162 lycées publics (sur un total de 2 301 établissements) concernant des problèmes de vétusté générale, de sanitaires dégradés, de chauffage (en hiver) ou d’isolation thermique (en été), d’état du mobilier scolaire, des espaces de vie (cantines, CDI…), des équipements sportifs et des vestiaires.
En Normandie, sept établissements sont concernés : Jean-Rostand, Augustin-Fresnel et Charles-de-Gaulle à Caen (Calvados), Le-Golf à Dieppe, et André-Maurois à Elbeuf (Seine-Maritime), Léopold-Sédar-Senghor à Évreux et Jacques-Prévert à Pont-Audemer (Eure).
Une méthode qui écarte « les lycées de petite taille »
Mais ce classement, publié en début de semaine, a fait réagir la Région Normandie, qui s’est fendue d’un communiqué ce mercredi 4 novembre, dénonçant une sélection établie sans aucun échange préalable avec les régions, et dépourvue de sens.
Cela semble montrer une méconnaissance totale de la réalité des établissements et la précipitation avec laquelle cette liste a été dressée. Selon le conseil régional, la méthode de sélection se limite à additionner le nombre de signalements sur la plateforme, sans tenir compte de la diversité des établissements et de leur contexte. Cette méthode écarte de fait des lycées de petite taille (aux signalements moins nombreux), les lycées peu mobilisés ou les lycées dont les élèves seraient moins à l’aise avec l’usage du numérique.
À l’exception du lycée Maurois d’Elbeuf, qui bénéficie déjà de travaux de rénovation jusqu’en 2028, la Région conteste la liste prioritaire établie et annonce avoir engagé depuis un an un travail d’audit objectif, mené avec l’appui d’un prestataire spécialisé.