« À certains endroits, l’eau s’infiltre par les plafonds » : quel est l’état des lycées de Laval ?
Si le mouvement lycéen démarré à la fin du mois de septembre 2026 porte des revendications sur le nombre d’élèves par classe, le manque de personnel éducatif ou contre la plateforme Parcoursup, l’état des établissements est aussi pointé du doigt par ceux qui y étudient au quotidien.
La région Pays de la Loire, qui gère ces établissements, met pourtant en avant des investissements importants : 850 millions d’euros ont été budgétés pour les lycées dans la période 2025-2030. Quatre projets de rénovation globale sont ainsi portés pour la ville de Laval : un réaménagement des bâtiments de cours au lycée agricole Agricampus (8,9 millions), un développement de l’accessibilité des bâtiments au lycée Ambroise-Paré (2 millions), la restructuration du lycée Douanier-Rousseau (13,6 millions) et la rénovation des façades de la cité scolaire Réaumur-Buron (17 millions).
« Très chaud en été et froid en hiver »
La Mayenne ne compte pas de lycée parmi les 200 à rénover en priorité (selon la liste communiquée par le gouvernement, à partir des résultats récoltés auprès des lycéens sur la plateforme Agora), mais les retours des lycéens et professeurs lavallois depuis le début du mouvement laissent voir des installations défaillantes. Et même lorsque des travaux ont été réalisés : le lycée Douanier-Rousseau a fait l’objet d’une restructuration durant trois ans, avec inauguration au mois de septembre 2026.
Cette opération exemplaire permettra une réduction des consommations énergétiques de - 40 %, présente la Région. Mais on constate qu’à certains endroits, rénovés, l’eau s’infiltre par les plafonds, regrette Sandra Alligon, professeure au lycée et représentante SN-Force Ouvrière des lycées et collèges 53. Au deuxième étage du bâtiment, on a trouvé des teneurs en cuivre et zinc dans l’eau qui sont bien au-dessus de ce qui est conseillé (leur teneur reste sous le seuil limite du Code de la santé publique, N.D.L.R.).
Le Mouvement national lycéen 53 a aussi mené des consultations, essentiellement dans les établissements publics, même si les lycées privés peuvent aussi être touchés par ce type de dégâts dans leurs bâtiments, et il ne faut pas que ça serve uniquement à critiquer le public. Entre autres, sont remontés des gros problèmes de chaleur : il fait très chaud en été et froid en hiver dans des ateliers exclus des travaux en cours à la cité scolaire Réaumur-Buron, ou encore des salles dans lesquelles le papier peint est pourri, les toilettes à l’entrée qui sont sales au lycée Ambroise-Paré.
Travaux importants à l’Agricampus
Au lycée agricole Agricampus, si l’internat et les bâtiments administratifs ont moins de dix ans et sont bien lotis, selon Laurent Thoraval, professeur au lycée et représentant SNES-FSU, les élèves disent étudier dans des classes vétustes. Le chauffage menace de tomber à tout moment, la tapisserie des murs se décolle, certaines fenêtres ne ferment plus, liste une lycéenne. Certains jours, les élèves sont en manteaux dans les classes, poursuit Laurent Thoraval. Des travaux devraient débuter prochainement, et s’achever en 2030. Heureusement qu’on a cette échéance, même si les élèves actuels ne verront pas l’amélioration, glisse le professeur.