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Présidentielle 2027 : plutôt qu’une primaire, Macron veut une coalition allant de Glucksmann à Lisnard pour déjouer le duel Le Pen-Mélenchon

Le Figaro · 04/11/2026 · ← revue

Présidentielle 2027 : plutôt qu’une primaire, Macron veut une coalition allant de Glucksmann à Lisnard pour déjouer le duel Le Pen-Mélenchon CONTRE-POINT - Estimant les candidats en lice inaudibles sur le fond, le président de la République aimerait qu’ils commencent par travailler ensemble sur le projet.

Ce que le président régnant n’a pas réussi à faire ni en 2022, après sa réélection, ni en 2024, après sa dissolution, le président finissant voudrait l’imposer pour 2027 : construire une authentique coalition capable de gouverner le pays et, préalablement, d’empêcher la victoire des «extrêmes». À ceci près : Emmanuel Macron ne peut plus en être ni l’organisateur ni le bénéficiaire. Dans les semaines qui viennent, le chef de l’État n’interviendra pas publiquement dans la préparation de l’élection présidentielle. Sa priorité affichée d’ici à la fin de son mandat : mettre en place une alliance de pays qui, du Canada à l’Australie, du Brésil au Kenya, refusent d’être broyés par une double hégémonie chinoise et américaine. Mais, malgré tout, c’est une autre double hégémonie, nationale cette fois, qui l’obsède : celle de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. » LIRE AUSSI - Sa démission, CNews, les riches et sa vie d’après… Des messages chocs d’Emmanuel Macron révélés dans un livre Là encore, sa solution a pour nom «coalition». Pas une primaire à laquelle il ne croit pas et dans laquelle il ne voit qu’une réponse boutiquière. S’il fait lui aussi de l’unité de candidature au sein du «bloc central» le préalable à une qualification au second tour, son scénario se distingue sur deux points : le périmètre et la méthode. Pour aboutir à une offre commune, il y a ceux qui veulent mettre d’accord Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ; ceux qui veulent intégrer David Lisnard ; et ceux qui, telle Élisabeth Borne, veulent aller jusqu’à Raphaël Glucksmann, mais en excluant David Lisnard et même Bruno Retailleau. Emmanuel Macron lui veut mettre tout le monde dans cette démarche commune : jusqu’à Raphaël Glucksmann, parce que son refus de toute alliance avec LFI n’a de sens qu’en acceptant de travailler avec le centre ; jusqu’à David Lisnard, le président reconnaissant en lui quelques similitudes avec sa propre démarche d’il y a dix ans. Du candidat soutenu par la gauche du PS à celui qui aimerait travailler avec Reconquête, le nouvel «en même temps» macronien est passablement audacieux…

Place au compromis

Sur la méthode, estimant les candidats en lice inaudibles sur le fond, le président de la République aimerait qu’ils commencent par travailler ensemble sur le projet. En vérifiant leurs points d’accord ou de convergence. Là encore, de la réforme des retraites à la politique migratoire, du penchant pour l’impôt au primat de la compétitivité, le grand écart est plus qu’acrobatique. Mais si le Macron de 2017 faisait le pari de la réforme par la puissance du «dépassement» des clivages, le Macron de 2022 et de 2024, faute de majorité claire, s’en est remis aux vertus du «compromis». Avec le succès qu’on a vu. Emmanuel Macron parrain d’une nouvelle recomposition faisant émerger une «troisième force» capable de battre Mélenchon au premier tour et Le Pen au second ? C’est cependant le cauchemar des Philippe, Attal ou Retailleau qui imputent leur faiblesse actuelle à l’envie des Français de tourner la page du macronisme. Qu’à cela ne tienne. Mon bilan, je l’assume seul, leur répond en substance le chef de l’État qui feint de ne pas s’offusquer de les voir s’affranchir de leur passé commun. Une manière de les prévenir : si vous perdez, ce ne sera donc pas de ma faute mais de la vôtre.