« L’ultragauche déteste LFI » : entretien avec le plus jeune élu de la Ville de Rennes
Parmi les élus rennais, c’est le benjamin de l’étape. À 21 ans, l’insoumis Lucien Guénin est élu à la Ville de Rennes et à la Métropole depuis les dernières municipales. Il est aussi étudiant en géographie à Rennes 2. Depuis fin septembre, il participe au vaste mouvement social que traverse le pays avec ce double titre. Et c’est donc aussi à ce double titre que Lucien Guénin est l’invité de la Rennes politique, le podcast du Mensuel de Rennes et du Télégramme.
« L’ultragauche déteste LFI »
Face au micro, le jeune élu LFI - il est entré dans le mouvement de Jean-Luc Mélenchon lors des législatives de 2024 - revient sur le rôle joué par sa formation politique, accusée par le gouvernement d’instrumentaliser le conflit social et d’ambiguïtés avec les violences perpétrées en marge de celui-ci. Il répond également aux questions posées sur les relations que cultiveraient les insoumis locaux avec les groupuscules d’ultragauche.
« L’ultragauche déteste LFI. Ce n’est pas du tout la même culture, la même stratégie, les mêmes objectifs et les mêmes méthodes. Nous, nous appelons à un débouché pacifique. Nous proposons une révolution citoyenne avec un candidat, un programme, une équipe et l’Élysée. C’est un débouché pacifique. »
Face à l’aversion suscitée par Mélenchon
Rennes est dominée par une majorité socialo écologiste, dont les élus se sont révélés soutiens de l’union des gauches aux législatives (Nupes puis NFP), mais fermés à LFI aux municipales de 2026. À six mois de la présidentielle, la patronne de celle-ci, la maire, Nathalie Appéré, ne cesse de répéter que le niveau d’aversion de l’opinion pour Jean-Luc Mélenchon (60 à 75 % d’opinion défavorable selon les études) rend impossible sa victoire face à Marine Le Pen au second tour. Un avis très répandu parmi les électeurs socialistes et écologistes.
Interrogé sur ces points, Lucien Guénin tente de convaincre du contraire. Lui est persuadé de la capacité de son candidat à gagner au printemps prochain. Et de créer la surprise, comme Lula au Brésil ou le mouvement des étudiants en Serbie.
« Il n’y a pas de majorité de Français qui estime qu’il est bon d’avoir le RN au pouvoir. Un parti fondé par des néonazis, martèle-t-il. Je crois qu’une majorité de Français n’est pas raciste. Les Français ne veulent pas voir de fascistes au pouvoir. Ils feront barrage. Les gens ont voté pour Chirac, pour Macron à deux reprises, ils peuvent voter Mélenchon. »
Un entretien à retrouver dans Le Mensuel de Rennes de novembre 2026, en kiosque vendredi 6 novembre et par abonnement