Revue de presse

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À 15 ans, il viole des femmes en pleine rue à Rennes sous la menace d’une arme : l’adolescent condamné à une lourde peine de prison

Le Télégramme · 04/11/2026 · ← revue

Deux viols et une agression sexuelle commis sur des jeunes femmes à Rennes et Chantepie (Ille-et-Vilaine) à l’été 2025. C’est de ces faits que répondait un adolescent de 15 ans devant le tribunal pour enfants (TPE) criminel, ce mercredi 4 novembre 2026.

L’enquête remonte au 13 septembre 2025, lorsqu’une victime s’était rendue au commissariat de Rennes dans la nuit pour dénoncer le viol qu’elle venait de subir alors qu’elle rentrait chez elle. L’adolescent l’avait ensuite menacée avec une arme pour la forcer à lui remettre son argent avant de la laisser partir. Une arme retrouvée dans la chambre du jeune homme lors d’une perquisition, de même que la tenue vestimentaire qu’il portait ce soir-là.

Deux autres victimes avaient par la suite dénoncé des faits similaires survenus quelques semaines plus tôt, selon des modes opératoires semblables. L’une d’elles - alors âgée de 15 ans - avait été agressée sous la menace d’un couteau le soir de la Fête de la musique, alors qu’elle prenait le bus avec le prévenu vers Chantepie. Elle l’avait immédiatement dénoncé sur Snapchat auprès de proches et de son agresseur lui-même, qui lui avait donné un faux prénom. Après la médiatisation de l’affaire de septembre 2025, elle avait décidé de porter plainte.

Sa dangerosité est réelle, selon l’expert psychiatre

L’autre victime relatait quant à elle une agression sexuelle commise le 25 août 2025 par un jeune dont elle avait pu prendre une photo. Un cliché qui a permis de l’identifier : des images retrouvées sur le téléphone portable du mis en cause le montraient habillé de façon similaire à celle visible sur la photo prise par la victime.

Après son interpellation, l’adolescent avait été mis en examen pour viol commis sous la menace d’une arme, viol aggravé, extorsion commise avec une arme, détention sans déclaration d’arme de catégorie C et agression sexuelle. Il avait été placé en détention provisoire le 20 septembre 2025. Des liens complexes avec le personnel féminin du centre pénitentiaire de Vezin-le-Coquet ont été relevés durant sa détention : il a notamment « tenté d’arroser à plusieurs reprises » son éducatrice…

Placé à l’ASE dès la naissance

Le mis en cause avait fini par reconnaître le viol de septembre 2025 à la fin de sa garde à vue. Mais il contestait les deux autres affaires, affirmant que les victimes avaient pu « se tromper de personne ». Pas de quoi convaincre le magistrat instructeur qui avait considéré que les charges étaient suffisantes pour le renvoyer devant le tribunal pour enfants. Il a donc comparu pendant deux jours, ces mardi 3 et mercredi 4 novembre 2026.

Bien que son casier judiciaire soit vierge de toute condamnation jusqu’alors, le prévenu présente une dangerosité réelle, selon l’expert psychiatre qui l’a rencontré au cours de l’enquête Ce dernier a toutefois exclu toute altération ou abolition de son discernement au moment des faits.

À l’issue des débats, qui se sont tenus à huis clos, l’adolescent a été condamné à neuf ans de prison. De son côté, le parquet en avait requis treize. L’avocat de la défense, Me Arnaud Le Bourdais, avait insisté pour sa part sur les « failles » des services de l’Aide sociale à l’enfance dans le suivi de son client, placé dès sa naissance jusqu’à ses 8 ans en raison du climat de violence dans sa famille.