Revue de presse

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Autour de l’usine d’équarrissage de Plouvara, les riverains luttent face aux odeurs « de mort »

Le Télégramme · 04/11/2026 · ← revue

Autour de la table ce mercredi 4 novembre, dans une maison isolée de Saint-Donan, se concertent une poignée de riverains de l’usine d’équarrissage, visages minés. Malgré un contrôle et une mise en demeure de la préfecture des Côtes-d’Armor, les odeurs « de mort » persistent. « On n’ose plus inviter des amis, parce qu’on a honte », regrette l’un d’eux.

La Secanim, seul site de Bretagne et de tout le Grand Ouest à traiter les dépouilles d’animaux d’élevage, est implantée à Plouvara, à 6 km d’ici. Les nuisances olfactives, des odeurs « qui s’accrochent au linge » et « rentrent dans les maisons le matin, quand on veut aérer » rampent jusqu’ici, mais aussi à Plerneuf, La Méaugon, Plaine-Haute, Cohiniac ou encore Trémuson. Pour lutter, ces riverains, réunis dans un collectif, ont pour ambition de devenir une association. « Nous sommes une trentaine de personnes pour le moment, l’idée est d’inviter les gens à rallier la cause ». Deux premières réunions publiques sont organisées, en novembre à Saint-Donan, et en décembre à Plerneuf, afin d’informer les habitants.

Depuis des années, au gré des vents

Cet été, dès les premiers jours de canicule, la surmortalité dans les élevages avait atteint un tel seuil que les capacités de l’usine ne suffisaient plus à traiter les quantités de cadavres, entraînant des effluves d’une intensité « à nous rendre malades », décrit un riverain. Mais la colère ne date pas de cet épisode. Ces odeurs, ils les connaissent depuis toujours, de façon fluctuante, au gré des canicules mais aussi « des vents ». « Ce n’est pas seulement à cause de la canicule, insiste Séverine Pallu, habitante de Saint-Donan et conseillère municipale d’opposition, admettant néanmoins que « ces deux dernières années, c’est encore pire. »

Autour de la table, Philippe Le Méhauté, maire de Plerneuf et Guy Le Gal, représentant des riverains au comité de suivi de l’usine, qui se tient chaque année au mois de juin. « Tous les ans, le sous-préfet de Guingamp nous réunit. L’usine dit que tout est dans les clous, qu’ils ne dépassent pas les quantités autorisées [178 000 tonnes - 900 tonnes par jour, NLDR]. » Le collectif espère que ces quantités soient amoindries, afin de générer moins de nuisances.

Mise en demeure levée, la gêne persiste

Le 10 juillet, un contrôle de la Direction départementale pour la protection des populations (DDPP) avait révélé des cadavres d’animaux stockés « à l’air libre avant traitement » ou dans des bennes entreposées en extérieur, mais aussi des équipements défectueux. Par mise en demeure fin août, le site industriel avait été sommé par la préfecture de rectifier ses méthodes d’ici le début du mois de septembre. Fin septembre, la DDPP ayant constaté une « amélioration des conditions d’entretien et de fonctionnement de l’usine », cette injonction était levée, le site restant néanmoins sous « surveillance renforcée » de l’État. « Mais nous, depuis septembre, nous n’avons pas constaté d’amélioration », s’insurge le collectif, qui comptabilise à ce jour une trentaine d’adhérents. Ces deux dernières semaines, 26 signalements ont été émis autour du bassin olfactif de Plouvara sur la plateforme Odour Live, qui recense sur une cartographie les nuisances olfactives industrielles en France. Ce mercredi de novembre, les températures ont chuté. « Le froid est arrivé, c’est la raison pour laquelle ça sent moins », s’inquiète un membre du collectif, qui craint déjà le retour de l’été.

Pratique

Deux réunions publiques sont organisées par le collectif « Halte aux odeurs », vendredi 20 novembre à 20 h, à la salle polyvalente de Saint-Donan, et lundi 7 décembre à 20 h, à la salle polyvalente de Plerneuf.