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Présidentielle 2027 : Tondelier, Mélenchon ou Glucksmann, les écolos soupèsent leurs options

Les Échos · 03/11/2026 · ← revue

Par Hadrien Valat

La lucidité est une vertu désagréable, peuvent témoigner les écologistes. « On sait qu'on ne va pas gagner », admet sans détour une cadre de la campagne de Marine Tondelier. Au sein du parti au Tournesol, il n'est plus question d'Elysée, de répartition des ministères. Pire : la fin de l'utopie d'une candidature unique à gauche a plongé les Verts dans une drôle de période de flottement, où le fatalisme concurrence le sens du devoir d'empêcher une victoire du Rassemblement national en mai prochain. Débarrassés de leurs illusions, les Ecologistes ont donné rendez-vous à leurs militants en décembre. Les adhérents auront à voter pour décider de la suite que prendra leur campagne, entre plusieurs options envisagées.

« C'est assez baroque »

Première possibilité : le maintien de la candidature de Marine Tondelier. Embourbée entre 2 et 3,5 % dans les sondages, la secrétaire nationale du parti n'a pas vraiment le vent en poupe. Mais aller jusqu'au bout a ses avantages : rien n'offre une visibilité à des idées et à un parti comme une campagne présidentielle ; une candidature autonome permettrait aux écolos de garder une forme d'unité en interne entre pro-LFI et sociaux-démocrates. Deuxième option : un retrait pur et simple de la candidature écologiste, sans condition, fidèle à l'engagement du parti de ne pas diviser les voix à gauche. Autre possibilité envisagée : le soutien à Jean-Luc Mélenchon ou à Raphaël Glucksmann. Le parti au Tournesol a donc lancé des tractations, avec les équipes de l'un et l'autre, sous le sceau du secret. « C'est assez baroque, on va discuter en même temps avec deux forces politiques d'un accord gouvernemental », reconnaît une cadre. Deux forces qui s'opposent fortement.

Battre le RN

Sans surprise, les Verts veulent mettre l'écologie au coeur des négociations programmatiques. Chez Jean-Luc Mélenchon, la planification écologique est devenue une des, sinon la pierre angulaire de son projet. Si sa proposition d'« éco-régions », tracées selon les bassins-versants, ne fait pas l'unanimité dans le parti de Marine Tondelier, son projet de sortie du nucléaire pour un passage au 100 % renouvelable, oui. S'il gagne, Raphaël Glucksmann promet, lui, d'immédiatement lancer « les 100 jours de la révolution écologique », un plan concocté par le sénateur EELV Yannick Jadot, engagé à ses côtés. Ce qui n'empêche pas certains écolos de voir en lui un « Macron-bis », bien trop mou à leur goût. Les Verts demanderont aussi des gages sur la capacité à battre le RN. A Raphaël Glucksmann, ils reprochent d'entretenir la thèse des « gauches irréconciliables ». Du côté de Jean-Luc Mélenchon, ils s'inquiètent des sondages qui le donnent perdant dans les grandes largeurs au second tour face au RN. Et se méfient de ses sorties de route, comme sur les noms juifs, qui n'ont pas été digérées. Mais les principales pierres d'achoppement sont sur les sujets internationaux. Raphaël Glucksmann refuse de qualifier de « génocide » la guerre menée par Israël à Gaza. Jean-Luc Mélenchon, lui, a toujours été très ambigu sur son soutien à l'Ukraine et vis-à-vis de certains régimes autoritaires. Je ne pense pas qu'on va discuter avec Mélenchon et qu'il va devenir pro-européen. Si on était amené à le soutenir, ce serait en dépit de ces divergences

Une parlementaire écologiste

Contrairement à Raphaël Glucksmann, et aux héritiers d'Europe Ecologie-Les Verts, le candidat Insoumis ne porte pas dans son coeur l'Union européenne. « Je ne pense pas qu'on va discuter avec Mélenchon et qu'il va devenir pro-européen. Si on était amené à le soutenir, ce serait en dépit de ces divergences », est bien forcée d'admettre une parlementaire écologiste. D'autant plus que les Insoumis présenteront leur programme présidentiel ce week-end, et n'ont pas l'intention de revenir dessus…

La question des législatives

Pèsent aussi et surtout dans la balance les prochaines élections législatives. Les sièges écologistes dépendent bien plus des voix Insoumises que des voix socialistes. « Pour les écolos, il n'y a pas d'option Glucksmann. Marine va finir avec Jean-Luc », tranche un élu de gauche. Il est vrai qu'à l'instant T, un ralliement à Jean-Luc Mélenchon apparaît bien plus probable, et, sans le dire explicitement, les dirigeants écolos n'en font pas grand mystère. « Je n'ai pas vu un fan-club de Glucksmann très important chez nous. Jadot n'est pas parti en entraînant des foules, et ce n'est pas faute d'avoir essayé », raille ainsi une huile du parti au Tournesol.

Hadrien Valat