MerConcept planche sur un nouveau trimaran géant 15 % plus performant

Le skipper Tom Laperche et l'écurie de course au large MerConcept veulent écrire une nouvelle page pour les Ultims, ces navires géants capables de réaliser des pointes de vitesse à 52 noeuds, 100 km/h environ. Après les pionniers des années 2000 et leurs successeurs, les modèles tout carbone à foils de la fin de la décennie 2010, l'équipe planche sur une troisième génération de trimarans, dont les performances pourraient être « supérieures de 15 % aux bateaux actuels », estime Cécile Andrieu, codirectrice générale de MerConcept. De quoi gagner plusieurs jours sur un tour de monde ou faire tomber le record de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe à 5 jours, contre 6 jours et 19 heures aujourd'hui. Reste à mettre au point un tel engin. Pour y parvenir, MerConcept, fondé par François Gabart, a lancé une phase de pré-études en réunissant de grands noms du secteur : le spécialiste de la mécanique des fluides Martin Fisher, le cabinet d'architecture navale VPLP Design ou encore le duo de skippers Tom Laperche et Franck Cammas, vainqueurs de la Transat Café L'Or 2025 avec le trimaran « SVR-Lazartigue », conçu et construit dans les ateliers de MerConcept, à Concarneau. « L'avantage de partir d'une feuille blanche, c'est que l'on peut tout imaginer en matière de design », a souligné Tom Laperche à quelques heures du départ de la Route du Rhum 2026. Pour l'équipe, la difficulté consistera à développer des ruptures technologiques en matière d'aérodynamisme et d'hydrodynamisme, adaptées aux conditions de la haute mer, et donc aux exigences de manoeuvrabilité ou de stabilité du bateau. Dans la classe Ultim, l'un des principaux concurrents du « SVR-Lazartigue », le « Gitana 18 Maxi Edmond de Rothschild », a relancé, en début d'année, la course à l'innovation : il a déposé pas moins de six brevets relatifs à des foils en Y escamotables ou des safrans en U pour repousser la cavitation, la formation de bulles augmentant la traînée du bateau. « Il existe une vraie émulation entre les équipes. On a déjà pas mal d'idées tant sur les foils que sur les plans de voilure. Notre objectif est d'augmenter les performances, mais aussi de faire voler le bateau plus souvent pour mieux exploiter les systèmes météo », résume Tom Laperche.
« Valeurs d'innovation »
Ce futur Ultim naviguera sous les couleurs du laboratoire SVR, détenu par le fonds Kresk, mais aussi sous celles d'autres entreprises « qui partagent nos valeurs d'innovation », confie Cécile Andrieu. Pour financer le navire, dont le montant dépassera les 20 millions d'euros, le sponsor historique associera donc son nom à un, voire à plusieurs partenaires, que l'équipe recherche encore. « Nous voulons proposer au partenaire de nous rejoindre dès la saison 2027 sur le bateau actuel, dont l'habillage pourra être redessiné, tout en travaillant avec nous sur le futur Ultim. Nous espérons sa mise à l'eau pour la Route du Rhum 2030 », annonce la dirigeante. Pour le futur sponsor, le budget annuel de l'opération se situera entre « 1 et 5 millions par an sur quatre ans », précise-t-elle, ajoutant que plus d'une centaine d'entreprises seront mobilisées pour construire ce bateau. Grâce à ses activités liées à la course au large (60 %), aux mobilités et aux constructions maritimes, la PME bretonne emploie 70 salariés à Concarneau, dans le Finistère, et réalise 15 millions de chiffre d'affaires.