Revue de presse

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« C’est comme une punition »… Cette commune bretonne enlève les menus végétariens et sans porc de la cantine

20minutes.fr · 03/11/2026 · ← revue

Le message a été envoyé par mail, le 23 octobre, au beau milieu des vacances de la Toussaint. Signé du maire de la commune, il indiquait la mise en place d’un « menu unique en novembre proposé à l’ensemble des enfants, sans plat de substitution ». Objectif : « simplifier l’organisation du service de restauration scolaire. » Finis donc les repas sans porc, sans viande, ou les plats adaptés pour les enfants souffrant d’allergies. À Orgères (Ille-et-Vilaine), cette annonce a fait l’objet de critiques de la part de nombreux parents, choqués de voir les menus alternatifs disparaître. Pour les enfants bénéficiant d’un projet d’accueil individualisé (PAI), la sanction était même plus sévère, invitant leurs parents à fournir un panier-repas. Au lendemain de la rentrée scolaire, la décision du maire de cette commune de 5.700 habitants située au sud de Rennes faisait encore l’objet de vives discussions devant l’école publique des Grains d’Orge. « Hier soir, mes enfants m’ont dit qu’ils avaient mangé une purée de patate douce. Avec quoi, je ne sais pas, ils ne m’ont rien dit », confie cette maman, dont les enfants ne mangent pas de porc. Une chose est sûre, quand sa plus jeune fille est rentrée lundi soir, « elle avait très faim ». Sa mère ne comprend pas ce choix. « Ce n’est pas normal. Surtout que je vais payer le même prix », s’étonne-t-elle, évoquant un repas facturé 4,30 euros par enfant. Si la situation perdure, elle se résoudra malgré elle à retirer ses enfants du restaurant scolaire. Cette maman n’est pas la seule à avoir été agacée par ce choix. « Pour moi, c’est comme une punition qu’on adresse à certains enfants. Je pense surtout à ceux qui sont allergiques, ils n’ont pas le choix. On les stigmatise », regrette un papa, dont la fille ne mange pas de porc. « Ça m’a surpris oui, ce n’est pas vraiment dans l’air du temps », reconnaît une maman avant de se glisser au volant de sa voiture. « Je trouve que ça va complètement à contresens de l’inclusion. Je ne comprends pas », témoigne une autre au moment d’amener sa fille à l’école.

Aucune concertation avant l’annonce

Pour beaucoup de parents, la surprise est venue du manque total de concertation. « Il y a une forme d’incompréhension. On a découvert ça par mail, sans aucune explication. Je trouve ça un peu limite », regrette un papa en déposant ses deux enfants. « S’il y a des réalités économiques ou si cela pose des problèmes d’organisation au personnel, je peux l’entendre. Mais pourquoi ne pas en parler ? On aurait pu trouver d’autres solutions si on avait mis en place une concertation », s’étonne la maman d’une enfant de CM2. D’après plusieurs parents que nous avons interrogés, ce choix de la mairie serait lié à des incidents avec des menus spécifiques servis par erreur au restaurant scolaire. Après le lancement d’une pétition, un article paru chez nos confrères de Ouest-France et face au tollé provoqué par ce message liminaire et totalement inattendu, la commune a adressé des précisions juste avant la rentrée. Non, les enfants ne seront pas privés d’alternative. « Un complément en protéines végétales (pois chiches, lentilles…) sera systématiquement ajouté pour garantir un repas complet », assure la commune dans un second message envoyé le 30 octobre.

« Ce n’est pas un choix politique »

Sollicité, le maire sans étiquette Yannick Cochaud n’a pas souhaité répondre aux médias. La directrice des services précise qu’une réunion s’est tenue lundi soir avec l’ensemble des parents d’enfants soumis à un PAI. « Ce n’est pas un choix politique ou une volonté de stigmatiser. C’est plutôt une décision pour simplifier le travail de nos agents et éviter des erreurs dans le service des repas. » Pour les enfants allergiques, la mairie promet « des solutions au cas par cas. »