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Blocus des lycées. « Plus de budget dans les lacrymos que dans nos stylos » : à Monge, la mobilisation ne faiblit pas

Ouest-France · 02/11/2026 · ← revue

Plus de budget dans les lacrymos que dans nos stylos. Désolé pour le dérangement, nous essayons de sauver notre avenir.

La mobilisation lycéenne ne faiblit pas au lycée Monge La Chauvinière, au nord de Nantes. Ce lundi 2 novembre, elle s’affiche sur des pancartes en carton accrochées à un semblant de barricade de poubelles et de barrières de chantier entassées de bon matin contre les grilles de l’établissement.

« Montrer que notre mobilisation reste intacte »

Pas de blocage en ce jour de rentrée des vacances de la Toussaint. Chacun est libre d’aller en cours, confirme Amin. Mais tous les élèves sont aussi invités à rester un moment sur le trottoir pour montrer que notre mobilisation reste intacte. Ni les vacances scolaires, ni les annonces du gouvernement ne l’ont entamée.

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Le remplacement de Parcoursup ? La promesse de 4 milliards d’euros pour rénover les bâtiments ? Le plafonnement des classes de seconde à 28 élèves ? Tout ça, c’est beaucoup de bla-bla et rien de concret à court terme, considère Amin. L’argent pour les travaux par exemple, c’est maintenant qu’on en a besoin et pas sous la forme de prêts. On a l’impression qu’ils laissent filer jusqu’à l’élection présidentielle, pour laisser le travail à la prochaine équipe, renchérit Lucien.

« Solidarité »

Neuf heures ont sonné. Comme Amin et Lucien, Guirec, Éliott et Hayden restent à la porte du lycée, à proximité d’une sono crachant des morceaux de rap. Élèves en première, ils échangent sur la suite à donner au mouvement. Il faut essayer de bloquer les jours des appels syndicaux à manifester pour inviter le plus de monde possible à s’exprimer dans la rue, avance l’un d’eux en écho à l’appel de l’Union étudiante et de l’Union syndicale lycéenne (USL) à bloquer les lycées et les universités mardi 3 et jeudi 5 novembre 2026.

On se bouge aussi par solidarité et fraternité avec les lycées qui ont moins. Nous ne sommes pas les plus à plaindre, reconnaît Amin. Pour autant, le lycéen dit toucher du doigt certaines limites du système : En début d’année, nous n’avions pas de professeur d’anglais. Nous sommes 35 dans ma classe et même 39 en spécialité HLP (humanités, littérature et philosophie)… Pas simple d’étudier dans ces conditions.

Des espaces démocratiques

Ces difficultés et leurs revendications, les élèves du lycée Monge peuvent aussi les exprimer lors de temps démocratiques mis en place par la direction de l’établissement en octobre, pour accompagner le mouvement lycéen. On peut recevoir entre 150 et 200 élèves dans une salle. À la fin des échanges, je viens recueillir leurs requêtes et je les fais remonter à qui de droit, explique le proviseur, Patrick Vasse, qui compte bien inviter les représentants de la Région à un de ces futurs débats.

En attendant, ce lundi matin, le responsable de l’établissement multiplie les allers-retours entre son bureau et l’entrée du lycée pour échanger avec ses élèves et vérifier que tout se passe bien. Ici, comme dans d’autres lycées nantais, tout le monde garde en mémoire les dégradations perpétrées par des groupes de jeunes de l’extérieur, début octobre. Rien de tel ce lundi : sur les réseaux, l’appel invitait à se rassembler nombreux, motivés et pacifistes. Le but n’est pas de détériorer le lycée mais de nous faire entendre.