À Saint-Malo, l’heure du bilan et du démontage après le départ de la Route du Rhum
Le ciel azuréen de la veille, jour du grand départ de la Route du Rhum a fait place à un ciel nuageux, ce lundi matin à Saint-Malo. Sur le port, bateaux et chapiteaux ont laissé place à un grand vide. En arrivant par les écluses de Saint-Servan, les seuls bateaux visibles amarrés au bassin Vauban sont Plastic Odyssey, Energy Observer et Art Explorer.
« C’est notre plus grand festival »
Sur le pont du yacht, des membres de l’équipage sont en train de démonter. « On en a pour quatre jours de démontage de l’exposition. Mais le bateau reste à Saint-Malo jusqu’à mi-janvier, à peu près, explique le capitaine, Olivier Sigonney, originaire de Normandie, mais basé à Cannes, comme le bateau. On a accueilli plus de 70 000 visiteurs sur les 12 jours d’événement. C’est quasiment trois fois plus que le nombre habituel venu lors des festivals Art Explora », complète-t-il. « Jusqu’ici, c’est notre plus grand festival. »
Côté bassin Vauban, le vide a fait place à l’esprit de la course, née à Saint-Malo. « On a commencé hier à faire les cartons, mais ce matin, on démonte le stand et tout repart à Rennes », explique à son tour Manon Olivier sur le quai Vauban, entre deux chargements. Bénévole, la jeune femme a coordonné le stand de l’association rennaise Graine de courage. « Au quotidien, je travaille en tant que cheffe de projet aux côtés du président de l’association. Il m’a embarquée dans l’association et dans l’aventure de la Route du Rhum », raconte-t-elle.
Rendez-vous dans quatre ans
Au village des exposants, Éric et Julien Fontaine, père et fils, et associés dans l’entreprise « Horloge des marées » installée à Saint-Suliac, étaient quasiment les seuls ce matin. « Ceux qui habitent loin ont démonté hier dès la fermeture du village au public, à partir de 17 heures, pour économiser une nuit d’hébergement », constate Éric Fontaine. C’est leur deuxième Route du Rhum depuis que l’entreprise est née « il y a onze ans », retrace le fils.
« Cela représente un certain investissement, mais on a bien travaillé pendant ces douze jours, malgré les périodes de fermeture liées à la tempête », précise Éric, qui prévoit d’exposer encore dans quatre ans, « si l’entreprise est encore debout ».
Du côté de la Brasserie du Rhum, Morgan Hector était encore sur le pont ce matin, au cœur du démontage, après la tempête et douze jours de fête : « On n’a pas encore chiffré le volume d’affaires, mais comme on jouait à domicile, on avait le cœur et la volonté d’être au rendez-vous, à la hauteur de nos promesses », déclare-t-il. C’est la troisième Route du Rhum pour la Maison Hector, ancrée à Saint-Malo depuis cinq générations et qui a déjà pris rendez-vous pour dans quatre ans.