Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Une « stigmatisation » des enfants musulmans et végétariens ? La fin des alternatives à la viande fait polémique dans cette commune d’Ille-et-Vilaine

Le Télégramme · 02/11/2026 · ← revue

Ce lundi 2 novembre 2026, les élèves d’Orgères, au sud de Rennes, vont avoir droit à une rentrée un peu particulière. Dans un courrier adressé pendant les vacances scolaires, la mairie a informé les parents d’élèves qu’elle mettait fin aux repas de substitution à la cantine pour les enfants qui ne mangent ni porc ni viande. Un deuxième courrier les a ensuite avertis que les élèves qui bénéficient d’un protocole d’accueil individualisé (pour des allergies alimentaires) devront, dès la rentrée du 2 novembre, apporter eux-mêmes leurs repas.

« Si lundi, c’est du porc avec de la purée, mes enfants ne mangeront que de la purée »

Une mesure qui a fait bondir de nombreux parents d’élèves. Ils ont, dans la foulée, lancé une pétition qui a, vendredi 30 octobre, recueilli 430 signatures. « Nous, parents d’élèves, familles et citoyens, souhaitons exprimer notre profonde indignation face aux nouvelles décisions annoncées par la municipalité d’Orgères », s’offusquent les parents dans cette pétition. Ces derniers y voient là « un recul préoccupant pour l’inclusion, l’égalité et le vivre-ensemble ».

« Mes enfants ne mangent pas de porc, par choix personnel, s’inquiète Gwladys Fabil, une des parents d’élèves. Si lundi, c’est du porc avec de la purée, mes enfants ne mangeront que de la purée. La rentrée est très angoissante car on ne sait pas comment nos enfants vont passer leurs après-midi avec le ventre presque vide. Je trouve cette décision pitoyable. »

Pour les familles dont les enfants souffrent de troubles alimentaires, une réunion est prévue ce lundi soir avec la mairie pour étudier la possibilité que les agents municipaux préparent des menus spécifiques pour les enfants, « au cas par cas », explique Gwladys Fabil. Mais le maire de la commune, Yannick Cochaud, ne souhaite pas revenir sur la suppression des repas sans viande et sans porc, qui « concernent près d’un tiers des enfants scolarisés », indique l’édile. Une décision motivée selon lui par des contraintes d’organisations de ses agents.

« La gestion des plats de substitution entraînait une charge de travail supplémentaire »

« Sur 640 couverts, 194 sont des repas de complaisance, estime-t-il, ce qui représente une charge organisationnelle importante pour les équipes. Le service de restauration scolaire mobilise sept agents. La gestion des plats de substitution entraînait une charge de travail supplémentaire, tant en cuisine que dans le suivi des inscriptions, la préparation des quantités et la distribution des repas ».

Il affirme par ailleurs que la municipalité continuera à proposer « un repas végétarien et un repas à base de poisson par semaine ». « Je comprends totalement que les agents soient dépassés, répond Gwladys Fabil. Mais si le problème est organisationnel, la solution serait de recruter des agents, pas de supprimer les substituts à la viande dans les assiettes de nos enfants »

Depuis, l’histoire a pris une tournure politique. Dans un communiqué vendredi 30 octobre, Marie Mesmeur, députée LFI d’Ille-et-Vilaine, a dénoncé « une mesure profondément stigmatisante. Dans un contexte de progression du racisme et de l’islamophobie, elle envoie un signal politique préoccupant et fait comprendre à certains enfants que le service public ne leur accorde pas la même place qu’aux autres ».

Une accusation dont Yannick Cochaud se défend. « Je comprends les interrogations que cette évolution peut susciter auprès des familles. La décision prise n’a pas pour objectif de stigmatiser les enfants ni de porter un jugement sur les choix alimentaires des familles. Elle relève d’un choix d’organisation collective de la municipalité ».