Revue de presse

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Présidentielle 2027. « Si la population est éduquée, c’est un rempart aux extrêmes »

Ouest-France · 01/11/2026 · ← revue

Il a été un des acteurs de l’émergence de la filière de l’éolien en mer dans le bassin nazairien. À 47 ans, Matthieu Blandin concède n’avoir pas eu un parcours classique. C’est en entrant chez Valorem, entreprise spécialisée dans la production d’énergies renouvelables, qu’il a acquis une fibre militante pour les énergies vertes. Aujourd’hui, il partage son temps entre la société Valemo, où il est directeur de la stratégie pour l’éolien en mer, et l’entreprise Akrocéan, implantée à Guérande, qu’il a créée, spécialiste de l’acquisition de données. Il a aussi été vice-président du groupement d’entreprises Néopolia en charge des énergies marines renouvelables (EMR). Avec toujours un regard sur le parc éolien en mer de Saint-Nazaire, le premier mis en service au large des côtes françaises.

Presse Océan : De quelle France rêvez-vous en 2032 ?

Matthieu Blandin : « J’aimerais une France où il y a une modernisation de la vie politique, qui aille plus loin que la parité et le non-cumul des mandats. Pour moi, il faut une limite dans le renouvellement des mandats, pour les maires, les présidents de collectivité […]. Si on veut trouver les solutions aux problèmes d’aujourd’hui, on doit avoir un autre mode de pensée. Albert Einstein le disait très bien : on ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. »

« On gère l’urgence par rapport à des situations qui n’ont pas été anticipées »

Comment imaginez-vous la France en 2032 ?

« J’ai beaucoup d’inquiétudes. Je n’ai pas le sentiment qu’on prend le bon chemin depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, avec une droite conservatrice et une extrême droite qui ont amené au blocage du pays. Il y a aussi la crise climatique. On y pense quand il y a une canicule comme cet été, ou une tempête. Mais entre ces périodes, rien n’est fait de manière structurelle pour stopper l’effondrement de la biodiversité, adapter les bâtiments aux fortes chaleurs par exemple. D’un autre côté, j’ai aussi un sentiment de confiance. Si une partie de la jeunesse est dans la rue en ce moment, pour des raisons que tout le monde s’accorde à dire qu’elles sont légitimes, on peut penser que cette génération sera à même de faire bouger les choses. »

Plutôt optimiste donc ? Ou pessimiste ?

« Je suis très réservé. Le pays n’évolue pas sur certains aspects, avec toujours les mêmes modes de fonctionnement. Sur la question des énergies fossiles, on importe encore pour 60 milliards d’euros par an. Après, on entend dire que la décarbonation, ça coûte cher. Donc qu’est-ce qu’on fait ? J’ai juste l’impression qu’on gère l’urgence par rapport à des situations qui n’ont pas été anticipées, et qui étaient anticipables. »

Êtes-vous confiant pour l’avenir de la filière des énergies marines renouvelables ?

« Tout est lié avec ce qui va se passer à l’élection présidentielle et aux législatives qui suivront. Le danger, il vient de la droite conservatrice et de l’extrême droite. Au centre et à gauche, il y a plus d’ouverture sur la transition énergétique. Si on prend conscience que c’est une énergie compétitive, propre et qui peut contribuer à notre indépendance, il y a moyen d’être confiant. Et si la population est éduquée, c’est un rempart aux extrêmes. Dès lors qu’on comprend les enjeux, on l’accepte mieux. »

« J’espère que les débats politiques feront évoluer les positions »

Ce sujet est-il suffisamment présent dans le débat politique ?

« L’énergie, c’est indispensable pour toutes les activités, pour se déplacer, se chauffer. Ce sujet ne devrait pas être clivant. Et le fait qu’il ne soit pas assez présent dans les débats, c’est très inquiétant. Et cela revient à la question du renouvellement de la classe politique. On devrait tous pouvoir se mettre d’accord sur le fait que l’énergie, on en a besoin. Et on a besoin qu’elle soit propre donc renouvelable, thermique ou électrique, et surtout compétitive. »

Pour qui voterez-vous à l’élection présidentielle ?

« Je ne sais pas encore. Je sais que je vais voter, comme je l’ai toujours fait. Je proposerai mon aide au dépouillement parce que c’est un acte civique. Je voterai pour un candidat qui n’est pas climatosceptique, qui proposera des idées pour la modernisation de la vie politique. Ce qui est sûr, c’est que je ne voterai pas pour les extrêmes qui poseront un problème majeur de confiance au monde économique. Pas pour l’extrême droite qui est climatosceptique et raciste. J’espère que les débats politiques feront évoluer les positions et enrichiront les programmes. Ça serait bien la première fois… »