« La stratégie d’Emmanuel Macron sans sa finesse » : le camp de Bruno Retailleau juge « mort-n頻 le projet de primaire de Gabriel Attal pour la présidentielle 2027 - Le Parisien

Pendant des mois, Gabriel Attal s’était contenté de dire qu’il n’était « pas opposé par principe » à une primaire. Il a franchi un pas ce mercredi en appelant à l’organisation d’une « primaire des démocrates » avant l’élection présidentielle, pour « empêcher » un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national. Une proposition accueillie froidement par certains candidats. Interrogé par l’AFP, l’entourage du candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau assure que le projet de Gabriel Attal « est mort-né parce qu’il ne borne pas clairement le champ de la primaire et n’exclut pas Raphaël Glucksmann », le candidat issu de la primaire de la gauche. Qui pourrait participer à cette primaire ? Gabriel Attal a dit « tend (re) la main à tous les candidats » qui « partagent un certain nombre de valeurs ». Il cite « la défense des valeurs de la République et notamment l’autorité, la laïcité, la lutte contre les discriminations, l’Europe et la construction européenne, la compétitivité de notre économie, le progrès social et écologique ». Son entourage a ensuite précisé qu’il pensait à Édouard Philippe, à Bruno Retailleau et à David Lisnard, président de Nouvelle Énergie.
« Personne chez nous ne votera Raphaël Glucksmann »
« Pour nous, une primaire qui irait de Raphaël Glucksmann à Bruno Retailleau, c’est repartir pour cinq ans d’en même temps », a taclé l’entourage de Bruno Retailleau à l’AFP avant d’ajouter ironiquement que Gabriel Attal « aurait pu l’appeler la primaire du socle commun ». « Si on veut faire élire Le Pen, c’est la meilleure manière, parce que personne chez nous ne votera Raphaël Glucksmann », précise cette même source. « C’est la stratégie d’Emmanuel Macron sans la finesse d’Emmanuel Macron ». Distancé dans les sondages, Gabriel Attal a plaidé mercredi pour l’organisation d’une « grande primaire des démocrates » avant le scrutin présidentiel. L’idée a aussi été accueillie très froidement chez Horizons. « Une seule chose est claire, ce n’est pas ce en même temps aussi cafouilleux qu’hasardeux qui permettra d’éviter un second tour mortifère » entre la candidate du RN et celui de LFI, a réagi sur le réseau social X Laurent Marcangeli, le patron des députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe. Dominique de Villepin, approché par Gabriel Attal, a pour sa part refusé de prendre part à la primaire, a affirmé l’entourage de l’ancien Premier ministre chiraquien à l’AFP. Le candidat de Nouvelle Énergie (NE), David Lisnard, s’est pour sa part félicité que l’idée d’une primaire ouverte qu’il « propose depuis deux ans, progresse ».