« Une primaire de la division » : pourquoi Édouard Philippe rejette la proposition de Gabriel Attal

Édouard Philippe a réaffirmé dimanche 1ᵉʳ novembre 2026 sur TF1 son opposition à l’idée d’une primaire pour désigner un candidat unique de la droite et du centre à la présidentielle, quatre jours après la proposition lancée par son concurrent Gabriel Attal d’organiser une « primaire des démocrates ». « Je ne crois pas que cette primaire aura lieu. Je pense que cette primaire, c’est une primaire de la division et une primaire de la confusion », a déclaré le maire du Havre, le mieux placé dans les sondages à droite et au centre, mais en perte de vitesse ces dernières semaines. Selon lui, les candidats de cet espace politique devront prendre leurs « responsabilités » pour se départager en février. C'est une primaire de la division, parce que le principe même d'une primaire, c'est d'appuyer sur les différences entre les candidats. Or je pense que nous avons à créer du commun beaucoup plus qu'à appuyer sur nos divisions.
Une « primaire de la confusion »
« Et puis c’est une primaire de la confusion » parce qu’elle propose de rassembler « des gens qui sont les continuateurs du macronisme pour M. Attal et d’autres qui tendent la main à l’union des droites », a déclaré l’ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron, président du parti de centre-droit Horizons, en référence au candidat de la droite libérale David Lisnard, auteur d’une percée récente dans les sondages et qui se pose en rival très sérieux du président de LR Bruno Retailleau.
Un départage en février
Pour Édouard Philippe, le départage entre les différents candidats de la droite et du centre ne doit pas intervenir avant février. « Au mois de février, chacun prendra ses responsabilités, j’ai l’habitude de prendre les miennes », a-t-il ajouté, semblant suggérer que les candidats les moins bien placés devront alors se retirer.
Ces personnalités favorables à la primaire
À l’inverse du candidat Horizons, d’autres personnalités du centre et de la droite défendent l’organisation de cette primaire. À commencer par Gabriel Attal, à l’origine de la proposition. Samedi dernier, dans les colonnes du Parisien, la ministre Renaissance Aurore Bergé, elle-même partisane de longue date de ce processus, a également plaidé pour la participation de Renaissance, du MoDem, d’Horizons, des centristes de l’UDI (Union des démocrates et indépendants), du Parti radical, des Républicains (LR) ou encore de Nouvelle Énergie, rapporte l’AFP. Mais un point fait toutefois débat, notamment sur les personnalités à inclure dans cette primaire : le maire de Cannes, David Lisnard, favorable lui aussi à ce processus, est ainsi jugé trop à droite par le chef des députés MoDem, Marc Fesneau. Dans la Tribune dimanche, il a notamment accusé David Lisnard de « préparer la grande alliance avec l’extrême droite, comme Sarah Knafo », l’eurodéputée de Reconquête!, le parti d’Eric Zemmour. Le maire de Cannes s’est défendu, assurant que sa « démarche » était « indépendante » et promettant qu’il ne gouvernerait « ni avec les macronistes, ni avec le RN ». « Cela a toujours été clair et net », a-t-il insisté dans une publication sur X. Dans la semaine, l’ancien Premier ministre LR, Michel Barnier, soutien de Bruno Retailleau, a lui aussi plaidé pour une primaire « de la droite et du centre ».
Avec AFP
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