Présidentielle 2027 : Attal veut une « primaire des démocrates », Philippe et Retailleau réticents
Alors que les sondages ne lui sont pas favorables dans la course vers l’Élysée, Gabriel Attal veut désormais jouer la carte de l’unité. Le candidat Renaissance a ainsi prôné mercredi l’organisation d’une « primaire des démocrates » avant l’élection présidentielle. Son objectif est d’ainsi « empêcher » un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national.
Le camp Philippe refuse le « en même temps »
« Il est temps d’être tous responsables et d’organiser le rassemblement auquel des millions de Français aspirent à travers une grande primaire » pour redonner « de l’espoir à tant de Français qui aujourd’hui doutent et ne croient plus qu’il soit possible d’empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre la France insoumise et le Rassemblement national », a-t-il déclaré au journal de TF1. Interrogé sur Édouard Philippe, Gabriel Attal s’est dit « convaincu que ceux qui feront le choix de rester à l’écart de ce moment de rassemblement […] porteront quelque part la responsabilité de la division ». Mais la première réaction côté Horizons, le parti du maire du Havre, est négative. « Ce n’est pas ce "en même temps" aussi cafouilleux que hasardeux qui permettra d’éviter » un duel RN-LFI, a cinglé le président du groupe à l’Assemblée Laurent Marcangeli. Accueil également froid chez Bruno Retailleau, candidat des Républicains (LR). « Le projet de primaire d’Attal est mort-né parce qu’il ne borne pas clairement le champ de la primaire et n’exclut pas Raphaël Glucksmann », a réagi son entourage. « Une primaire qui irait de Glucksmann à Retailleau, c’est repartir pour cinq ans d'"en même temps". Si tu veux faire élire Le Pen, c’est la meilleure manière, parce que personne chez nous ne votera Glucksmann », selon la même source.
David Lisnard applaudit
Le candidat de Nouvelle Énergie (NE), David Lisnard, s’est pour sa part félicité que l’idée d’une primaire ouverte qu’il « propose depuis deux ans, progresse ». « Il va falloir que ceux qui continuent de s’y opposer donnent un seul argument valable ». « Mais il faut se dépêcher car bientôt il sera trop tard », a-t-il ajouté. Suivez la Présidentielle 2027Par cette initiative, Gabriel Attal franchit un pas après s’être contenté, pendant des mois, de dire qu’il n’était « pas opposé par principe » à une primaire. Candidat déclaré depuis cinq mois, le secrétaire général de Renaissance n’est pas parvenu à inverser la tendance sondagière avec Édouard Philippe. Mais ce dernier n’est plus, dans les derniers sondages, qualifié pour le second tour. Malgré leurs nettes prises de distance respectives avec Emmanuel Macron, ses deux anciens Premiers ministre pâtissent de cette fin de mandat chaotique, aggravée par les violences autour des manifestations du 17 octobre.