Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur) [cookies périmés]Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Il fait trop froid l’hiver et trop chaud l’été » : l’état des lycées du Maine-et-Loire par ceux qui y vivent

Ouest-France · 01/11/2026 · ← revue

Des classes moins chargées, la suppression de Parcoursup, mais aussi des bâtiments en meilleur état… Dans les défilés et les manifestations qui se font entendre depuis trois semaines, les conditions de travail dégradées en raison de l’état des lycées sont au premier rang des revendications. Qu’en est-il pour les établissements du Maine-et-Loire ? Nous avons fait le point avec des enseignants du SNES FSU, premier syndicat des collèges et des lycées généraux et technologiques en France.

Premier constat, la Région, propriétaire des lycées, met la main au portefeuille. C’est le cas pour le lycée Europe Robert-Schuman à Cholet où elle a investi 4,5 millions d’euros pour un chantier de 17 mois de travaux. C’est le cas également pour le lycée Duplessis-Mornay à Saumur où de gros chantiers ont été entrepris depuis 2015 (remplacement de la chaudière, réparation de la toiture, service restauration…). À Joachim-du-Bellay (Angers), la chapelle et le cloître qui sont dans un triste état de délabrement vont être restaurés, mais pas avant 2030 semble-t-il.

« Cet été, la température est montée à 33° dans les classes exposées au soleil »

Et c’est bien ce temps long qui fait problème. « Ce sont souvent des travaux lourds que les lycéens ne voient pas. Eux passent trois ans dans l’établissement et ils ont l’impression que rien ne change », témoigne Emmanuel Vayssière, du lycée Duplessis-Mornay. Surtout que ces travaux jouent peu face à l’impression générale d’abandon. « Les élèves doivent vivre au quotidien avec des infiltrations d’eau qui touchent surtout des couloirs […]. Le lycée est une passoire thermique, mal isolé, où il fait trop froid l’hiver et trop chaud l’été. Et si des travaux sont réalisés, ils le sont en urgence, sans vraie réflexion globale. »

Au lycée Europe Robert-Schuman (Cholet), la construction d’un nouveau bâtiment et d’un ascenseur longtemps attendu pour les personnes en situation de handicap, ne comble pas les manques que relèvent Marie De Lagabbe : les fuites d’eau dans l’internat, des douches fermées après la présence de salmonelle, une salle de langue régulièrement sans chauffage et des bâtiments mal isolés contre les fortes chaleurs. « Cet été, la température est montée à 33° dans les classes exposées au soleil. Et pour des raisons de sécurité, on ne peut pas ouvrir les fenêtres. »

« La grande vétusté des salles de bain des dortoirs »

En attendant les travaux promis pour la chapelle et le cloître, le lycée Joachim-du-Bellay (Angers) fait le dos rond avec « un important périmètre de sécurité, qui réduit le passage des élèves », observe Ludovic Mezey. Surtout qu’une corniche s’est déjà effondrée. L’enseignant souligne les fuites dans le toit au 5e étage du bâtiment C, au-dessus des salles arts plastiques et théâtre : « Quand il pleut, le matériel se retrouve dégradé ». Sans parler de « la grande vétusté des salles de bains des dortoirs », une situation qui dure même si les fenêtres doivent être changées.

Là comme ailleurs, Ludovic Mezey constate une isolation déficiente, surtout l’été. « La chaleur est insupportable de mai à octobre. Au 5e étage, c’est encore pire. Nous n’avons rien pour stopper les rayons du soleil. » On pourrait citer d’autres établissements comme les problèmes de champignons et de moisissures récurrents au lycée Jean-Moulin (Angers) ou la présence d’amiante dans les locaux d’Emmanuel-Mounier (Angers).

Aucun audit sur l’état des bâtiments lancé par la Région

Face à cette réalité, les syndicats ne restent pas les bras croisés. Le lycée Emmanuel-Mounier a fait l’objet d’un droit d’alerte pour danger grave et imminent. Et le 29 novembre 2024, lors du conseil académique de l’Éducation nationale (Caen), une motion a été votée à leur demande sur l’état du bâti dans des lycées de l’académie de Nantes, rappelle Eric Boyer du syndicat SNES FSU 49. « Cette motion demandait, en urgence, un audit global de l’état sanitaire et énergétique de l’ensemble des lycées publics de l’Académie. À ce jour, deux ans plus tard, aucun audit n’a été lancé par la Région. »