Présidentielle : le travail, thème oublié

Par Eric Albert (Fondateur de Uside)
Les candidats à l'élection présidentielle commencent à publier leurs programmes qui sont analysés et comparés. Le sujet du travail est le grand absent alors qu'il est au premier plan, tant pour rétablir l'équilibre des comptes que pour retrouver un niveau de compétitivité qui se dégrade rapidement. Force est de constater que tous les sondages montrent que les Français n'aiment pas le travail : ils y entrent à un âge plus tardif que dans les autres pays et en sortent plus tôt. Comme le souligne Antoine Foucher, expert des politiques publiques et du marché du travail, c'est notamment lié au fait que le travail est beaucoup moins rémunérateur qu'il ne l'était pour les génération précédentes. Mais pas seulement. Dans la crise que vit le pays, les dirigeants ne peuvent pas passer à coté de cette question fondamentale : comment donner envie aux acteurs de travailler plus ? Le challenge est loin d'être gagné dans une société surstimulée par le divertissement, à travers les réseaux sociaux, et tentée par la facilité proposée parl'intelligence artificielle (IA).
Créer les conditions pour que le travail soit attractif
Beaucoup de collaborateurs doivent apprendre à focaliser leur attention et à découvrir les bénéfices qu'ils peuvent tirer à faire des efforts et à persévérer dans une tâche. Ces deux dimensions qui étaient transmises par l'école sont nouvelles pour beaucoup de jeunes salariés. S'ils ne sont pas accompagnés, encouragés et qu'ils ne comprennent pas les bénéfices personnels qu'ils peuvent en tirer, les collaborateurs voient le travail comme un obstacle à leurs distractions habituelles. Chacun doit donc trouver au travail la satisfaction de se développer. Mais ce n'est pas suffisant. Le travail doit aussi être un pourvoyeur de sens. Il doit rendre les acteurs fiers de ce à quoi ils contribuent. L'utilité et la contribution de chacun doit être soulignée et valorisée. Enfin, le travail doit être un lieu de vie et de socialisation. On y fait des rencontres, on approfondit des relations, on y trouve du soutien, on partage de la convivialité. Cela suppose des conditions matérielles décentes, qui favorisent les échanges, et d'instaurer un style relationnel basé sur le respect mutuel, l'ouverture à l'autre et l'entraide. Chaque collaborateur doit avoir la certitude qu'il se développe, qu'il est utile à une oeuvre qui le rend fier et qu'il fait partie d'une communauté bienveillante. Aux politiques de réformer le financement de notre système social et de retraite pour faire en sorte que le travail paie mieux. Et aux dirigeants de créer les conditions pour que le travail soit attractif.
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