Essonne : les élus enthousiastes mais prudents face au projet de vente du site Alpine de Viry-Chatillon

Par Julien Lec'hvien
Avec le départ annoncé de Renault du site Alpine de Viry-Chatillon (Essonne), créé en 1969, une page se referme sur un morceau d'histoire pour la ville et les 150 salariés. Les élus locaux accueillent la nouvelle de la reprise d'Alpine Racing SAS et de ses effectifs par le groupe belge Dumarey, spécialisé dans les systèmes de propulsion, avec l'enthousiasme prudent de ceux qui voient l'état d'un patient qu'on croyait condamné s'améliorer de façon inespérée. Depuis 2024, les annonces, coup sur coup, de la fin de la conception et la production des moteurs pour l'écurie de Formule 1 du groupe et du renoncement à transformer le site en centre d'ingénierie et d'excellence de la marque avaient mis le fleuron des sports mécaniques au pied du mur. « Il y a deux ans, on craignait vraiment la fermeture du site, rembobine François Durovray, président (LR) du conseil départemental de l'Essonne. La perpétuation du site et le maintien des emplois, c'est une bonne nouvelle. » Et l'élu de souligner que le groupe Dumarey souhaite « investir largement » et « s'appuyer sur les compétences » des salariés pourdiversifier ses activités dans le motorsport.
Deux usines fermées en quelques mois
Le groupe belge prête toutefois le flanc à quelques inquiétudes quant à la pérennité de son projet. En janvier, il avait ainsi annoncé le licenciement des 320 salariés dans le cadre de la fermeture deson usine Powerglide de Strasbourg (Bas-Rhin). Trois mois plus tard, ce sont les 266 salariés de son usine de fabrication de boîtes de vitesses d'Andrézieux-Bouthéon (Loire) qui apprennent que la fermeture programmée du site, trois ans seulement après sa reprise par Dumarey. « Nous voulons connaître le projet social et économique de Dumarey et sa stratégie, alors que ce groupe a par ailleurs annoncé la fermeture de deux sites en France. », insiste dans un communiqué de presse Méhadée Bernard, présidente de l'intercommunalité du Grand-Orly Seine Bièvre. Le repreneur était en visite sur le site de Viry-Chatillon, ce jeudi, selon un représentant syndical qui se refuse à tout commentaire dans l'attente d'éléments complémentaires. Une autre source proche du dossier croit savoir que les dirigeants du groupe belge sont « très pressés » et voudraient lancer leur activité dès la fin 2026. « Les salariés ont obtenu deux ans de garantie de sécurité », rappelle Jérôme Bérenger, maire (LR) de Viry-Chatillon. L'élu juge lui aussi « encourageant » le plan de reprise mais reste « prudent ». Il indique ainsi qu'il compte faire adopter une motion lors du prochain conseil municipal pour réaffirmer « l'attachement, la vigilance et le soutien » de sa commune au site Alpine et à ses salariés. L'acquisition par le Groupe Dumarey devrait être finalisée à l'issue de la procédure légale d'information-consultation des représentants du personnel et après l'obtention de l'ensemble des autorisations réglementaires requises.