Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Pouvoir d'achat : ce que proposent les candidats à la présidentielle pour doper le salaire net

Les Échos · 30/10/2026 · ← revue

Par Alain Ruello

Au coeur des préoccupations des salariés depuis des mois, la question du pouvoir d'achat rythmera encore la manifestation de ce samedi et plus encore celle du 5 novembre, la première à l'appel de tous les syndicats. Alors que ces derniers revendiquent une hausse du SMIC, les candidats à la présidentielle, eux, n'ont pas attendu pour avancer des propositions centrées sur la fiche de paie. Las. A ce stade, aucune n'est totalement aboutie, car « rien n'est financé », déplore Jacques Attali, le président de France Positive. Instrument retenu, coût de la mesure et recette pour l'assumer : le laboratoire d'idées fondé et présidé par l'écrivain et essayiste (également chroniqueur aux « Echos ») a comparé ce que les candidats ont mis sur la table. « Il n'existe que deux façons d'augmenter le salaire net : prélever moins sur le brut, ou relever le brut lui-même. La campagne s'est massivement déplacée vers la première proposition », souligne l'étude en préambule.

Rapprocher le net du brut

Dans le détail, quatre candidats se sont rangés derrière l'option d'une baisse des prélèvements : Les Républicains, Renaissance, Horizons et l'alliance PS-Place publique avec, à chaque fois, le même mécanisme : supprimer des lignes de cotisations pour en reverser le produit au salarié. « La seule suppression de la part salariale des cotisations vieillesse rendrait environ 200 euros net de plus par mois sur ce bulletin », selon le laboratoire d'idées. Proposition la plus détaillée, mais aussi la plus coûteuse, celle de Gabriel Attal (Renaissance) propose un choc à 40 milliards en supprimant les cotisations vieillesse notamment, couplé à la suppression du plafond légal des heures sup, le tout financé par la TVA sociale, un nouveau coup de rabot sur l'assurance-chômage et des gains de productivité liés à l'Intelligence artificielle. Gain promis pour le salarié : 250 euros net par mois au salaire médian (2.238 euros) soit un 13e mois réparti sur l'année. Raphaël Glucksmann n'en promet que 120 de plus par mois mais en se basant sur un salaire de référence légèrement moins élevé de 2.000 euros. Comment ? En baissant la CSG à hauteur de 15 milliards financés par une taxation accrue sur l'héritage et un resserrage du pacte Dutreil pour les successions d'entreprises. « C'est le seul candidat qui chiffre à la fois le coût et la recette, et les fait coïncider », note France Positive.

Travailler plus

Bruno Retailleau pour LR et Edouard Philippe pour Horizons sont sur une longueur d'onde proche mais restent flous. Le premier fait miroiter « deux mois de salaire en plus » grâce à une exonération totale de cotisations au-delà de la 36e heure hebdomadaire pour que brut égale net, mais sans préciser où aller chercher les 10 milliards de cette mesure. Le second parie aussi sur le « travailler plus pour gagner plus » avec la même mesure, défiscalisation en plus. Pour un salarié au SMIC dans une entreprise passant à 37 heures par accord, le gain serait selon lui de plus de 1.000 euros par an, mais ni le coût de la mesure ni son financement ne sont précisés.

Augmenter le SMIC

Le tandem RN-UDR, lui, est partagé. Le mouvement de Marine Le Pen avance une hausse des salaires de 10 % (jusqu'à 3 SMIC) en exonérant cette augmentation de cotisations patronales, sans plus de détail. « C'est le seul dispositif […] dont le résultat ne dépend pas de la mesure elle-même mais d'une décision que le parti ne maîtrise pas, celle de l'employeur », souligne la note. Le mouvement d'Eric Ciotti veut supprimer la CSG et la CRDS sur les salaires, de quoi selon lui « garantir un 13e mois ». A l'opposé, les Ecologistes et LFI défendent avant tout une hausse du salaire minimum légal. Pour France Positive, la ligne de partage ne sépare plus la droite de la gauche, mais ceux qui touchent aux prélèvements de ceux qui veulent agir sur le brut. « Pour les Français, la seule chose qui compte c'est le net », abonde Jacques Attali. Mais les montants annoncés sont hors de proportion avec les marges disponibles, ajoute le laboratoire d'idées. Qui plus est, les deux seules recettes identifiées de la campagne, la TVA et les héritages, sont l'une et l'autre rejetées par une majorité de Français.

Alain Ruello