« Faisons peur à Macron » : à quoi s’attendre le 31 octobre à Rennes
Après les émeutes du samedi 17 octobre, le mouvement social contre la vie chère n’a pas faibli à Rennes. Malgré l’interdiction préfectorale de manifester samedi 24 octobre et l’important dispositif de sécurité déployé, et la présence des véhicules blindés Centaures dans le centre-ville, 11 500 personnes sont descendus dans la rue. Qu’en sera-t-il ce samedi 31 octobre ?
Blocage des ronds-points ?
Les gilets jaunes, revenus au cœur du mouvement social, ont repris le blocage de certains ronds-points depuis le 17 octobre. Si le giratoire des Gayeulles ou celui de Cleunay, à côté du centre commercial E.Leclerc, ont été occupés les deux derniers week-ends, ces derniers ont rapidement été libérés par les forces de l’ordre. Pour cet « Acte III », aucun blocage n’est pour le moment annoncé sur le site 17octobregiletjaune.net qui recense plus de 580 actions dans toute la France. Un sitting devant la mairie à 14 h est toujours annoncé.
Les syndicats organisés
À cette heure-là, la majorité de la mobilisation devrait se trouver place de Bretagne. Sur les réseaux sociaux, les AG lycéennes et étudiantes appellent à une large mobilisation en ce jour d’Halloween pour « une manif' carnavalesque » et « faire peur à Macron ».
Six syndicats (CGT, confédération paysanne, FSU, FSE, Solidaires et Union Pirate) ont appelé à manifester également ce samedi à 14 h depuis la place de Bretagne. L’intersyndicale a, cette fois, pris les devants pour déposer une déclaration en préfecture pour éviter une nouvelle interdiction de manifester, faute d’avoir respecter les délais légaux. Ensemble, ils veulent porter dans la rue leurs revendications « contre la vie chère, pour l’augmentation des salaires, pour plus de moyens dans les services publics et pour un budget juste qui réponde aux besoins de la population ».
« En descendant massivement dans la rue samedi 24 octobre malgré les menaces et les interdictions, les manifestant (es) ont montré leur détermination à défendre les libertés publiques et leurs revendications, écrivent les syndicats dans un communiqué. Aucune mesure répressive ne peut tenir lieu de réponse politique. Il n’y a qu’une seule façon de mettre fin à cette colère sociale : il faut répondre aux revendications exprimées depuis plus d’un mois par la jeunesse et par les travailleurs et travailleuses. »
Faut-il craindre de nouveaux débordements ?
Mais dans quelles conditions va pouvoir se tenir la mobilisation ? Quel sera le parcours du cortège ? Quel sera le dispositif de sécurité ? Pour l’heure, la préfecture n’a pas prononcé d’interdiction de manifestation pour ce samedi 31 octobre. De son côté le syndicat SUD-PTT fait savoir que « la préfète d’Ille-et-Vilaine veut imposer un parcours entre La Courrouze et Henri Fréville ». Un tracé qui ne convient pas aux syndicats.
La préfète d’Ille-et-Vilaine, Emmanuelle Debée, communiquera ce vendredi sur les dispositions prises par l’État. En début de semaine, l’arrêté interdisant les rassemblements dans le centre-ville et dans les secteurs de Colombier et Alma, entre 20 h et 5 h, a été reconduit jusqu’au lundi 2 novembre.