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Avec son Ocean Fifty, Laurent Bourguès veut défendre les couleurs de l'industrie française

Les Échos · 28/10/2026 · ← revue

Pour sa première participation à la Route du rhum - Destination Guadeloupe, il aura la lourde tâche d'être le porte-étendard de l'innovation industrielle tricolore. Dimanche prochain, le skipper lorientais Laurent Bourguès alignera au départ de la course son Ocean Fifty habillé aux couleurs de la French Fab, la communauté des industriels français. Un partenariat conclu in extremis, en septembre, après une « plaisanterie » du marin, qui a réalisé une maquette photo avec le logo du réseau. « Au départ, c'était juste pour amuser quatre de mes partenaires lyonnais membres de la French Fab. Le concept a séduit l'organisation, qui a activé ses contacts pour nous soutenir. » L'accord est tombé à pic. Jusqu'en avril, le skipper n'était pas du tout certain de boucler son budget. « En serrant tous les boulons et en réduisant au minimum l'équipe, soit trois personnes au départ, on a pu confirmer l'inscription », relate le skipper. L'engagement des acteurs de la French Fab a donné de l'air à l'équipe, qui a pu investir 15.000 euros environ pour imprimer le célèbre coq bleu sur le trimaran, ainsi que sur les 250 mètres carrés du jeu de voile. Une place a aussi été réservée pour l'association de soutien aux malades du cancer Mon Bonnet Rose, que la team accompagne depuis plusieurs années.

Organisation au cordeau

Selon Laurent Bourguès, s'adosser à la French Fab « a du sens ». La mise au point de son bateau a impliqué de nombreux industriels, tels que la fabricant de voile Incidence Sails et le spécialiste des équipements de sécurité Plastimo, tous deux situés à Lorient, ou la corderie nordiste Cousin group. Le partenariat a aussi permis à l'équipe de s'offrir un nouvel atout : le pilote automatique Exocet, conçu par la société Pixel sur Mer. « On a réussi le tour de force de l'installer en deux jours. C'est le seul Ocean Fifty équipé de cette technologie », affirme Laurent Bourguès. Dans cette catégorie, qui ne compte que onze bateaux et où l'innovation est très encadrée, l'équipement doit conférer au skipper un avantage stratégique. Son fonctionnement repose sur un modèle prédictif intégrant une multitude de paramètres du bateau et de son environnement. Il offre ainsi une trajectoire beaucoup plus précise et donne des consignes de vitesse, de cap, de niveau de gîte… afin, par exemple, d'optimiser l'utilisation des foils. « Nous ne sommes plus là pour seulement participer, mais pour avoir une chance de l'emporter », souligne Laurent Bourguès. Pour les prochains rendez-vous, le skipper anticipe déjà de futures améliorations sur ce bateau, voire la construction d'un navire neuf, grâce à ses partenaires de la French Fab. En moyenne, le budget annuel d'un Ocean Fifty varie entre 750.000 et 1,2 million d'euros.

Guillaume Roussange (Correspondant à Rennes)