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Colère sociale : « Les gens ont peur »… À Rennes, des commerçants du centre-ville s’unissent face à la casse

20minutes.fr · 28/10/2026 · ← revue

Certains n’ont toujours pas pu rouvrir. Plus de dix jours après la violente manifestation du samedi 17 octobre, de nombreux commerces rennais sont toujours fermés. D’autres n’ouvrent qu’une étroite porte, au milieu des panneaux en bois qui recouvrent les vitrines parfois fracassées. Dans la capitale bretonne comme dans de trop nombreuses villes françaises, le centre-ville a littéralement été défiguré. Les scènes de pillage et de vandalisme du 17 octobre sont dans toutes les têtes. Plus d’une soixantaine de commerces avaient été saccagés. Et, à quelques jours d’une nouvelle mobilisation annoncée le 31 octobre, les commerçants s’inquiètent. Peu importe que la manifestation se termine bien ou non, ce samedi sera encore une fois une catastrophe pour leur business. « Cela fait des années que l’on subit. Ce que l’on demande simplement, c’est de pouvoir travailler, de nous laisser en paix. Et ce que l’on attend, c’est de pouvoir redonner de l’attractivité au centre-ville. » Sophie Juban est la gérante de deux instituts de beauté installés à Rennes. Mais depuis quelques jours, elle s’est aussi improvisée comme une des porte-paroles des commerçants du centre-ville. Face à la volonté de nombreux professionnels de s’unir pour mieux se faire entendre, elle a lancé une pétition.

Des pertes de chiffre d’affaires énormes

Ce texte, qui connaît pour l’heure un succès modeste mais pour lequel l’adhésion ne cesse de grimper, a été édité au nom du Collectif des commerçants, artisans et travailleurs indépendants de Rennes. « Nous attendons que nos demandes soient enfin prises en considération par la maire et par la préfète. Nous voulons faire entendre cette majorité silencieuse. Depuis plusieurs semaines, nous subissons tous des baisses de chiffre d’affaires de 50 ou 60 %. Les gens qui n’habitent pas Rennes ne viennent plus parce qu’ils ont peur. Et nous aussi », poursuit Sophie Juban. Notre dossier sur la colère socialeDans la pétition, les commerçants du centre-ville réclament notamment des mesures concrètes qui leur permettraient de soulager leur trésorerie. Mais aussi de redorer le blason d’un centre-ville déserté. « Nous demandons la suspension de la Taxe locale sur la publicité extérieure. C’est quand même osé de demander aux entreprises de payer pour leur enseigne alors que certains n’en ont même plus », regrette celle qui porte la parole d’environ 500 commerçants. Le collectif en appelle à la maire Nathalie Appéré, à la préfète Emmanuelle Dubée mais aussi aux habitants, les invitant à revenir chez les petits commerçants. « Manifester est un droit. Travailler en est un aussi », rappelle le texte.