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Bâtiment : la Bretagne veut accélérer sur le réemploi des matériaux

Les Échos · 27/10/2026 · ← revue

Comment construire et rénover en consommant moins de ressources ? La question a réuni, les 21 et 22 octobre, la Région Bretagne, Rennes Métropole, Brest Métropole et Saint-Brieuc Armor Agglomération au Totem de la Baie, à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor. Avec six experts européens, les collectivités ont confronté leurs pratiques pour identifier les blocages et accélérer le développement de l'économie circulaire dans le bâtiment. L'enjeu est d'abord environnemental. En France, le secteur représente 24 % des matières consommées chaque année et 24 % des émissions de gaz à effet de serre, selon les chiffres de l'Ademe cités par les collectivités. Il est également économique. Dans l'agglomération de Saint-Brieuc, le bâtiment représente un poids important : 4.800 emplois en 2021, soit le cinquième secteur employeur du territoire.

Des chantiers pilotes au changement d'échelle

En matière de réemploi, les initiatives existent, mais restent dispersées. À Saint-Brieuc Armor Agglomération, près de 25 opérations intègrent déjà la réutilisation de matériaux, la déconstruction sélective ou les matériaux biosourcés. Le Totem de la Baie, qui accueillait les échanges, en fournit une illustration : son aménagement, réalisé presque entièrement avec des matériaux de réemploi, a été récompensé par le trophée national de la commande publique 2025. À Rennes, la métropole mise notamment sur la connaissance des flux de matériaux, issus des chantiers, pour mieux organiser leur seconde vie. Elle a aussi accompagné le développement de Bâti Récup', une plateforme qui associe stockage, revente de matériaux de récupération et expertise en réemploi. À Brest, le collectif GARMAT rassemble des acteurs locaux pour structurer la filière, de la dépose sélective des matériaux à leur réutilisation. Des ateliers réunissent également les professionnels pour faciliter l'intégration de ces ressources dans les futurs chantiers. Cependant, l'expérimentation ne suffit pas. Lesfilières du réemploi et des matériaux biosourcés restent fragiles et doivent consolider leur organisation comme leurs débouchés.

Organiser la filière

C'est tout l'enjeu des échanges menés à Saint-Brieuc avec des spécialistes venus de Norvège, du Portugal, de Belgique, des Pays-Bas, de Roumanie et de Suède. Plateformes de ressources, outils numériques, commande publique et structuration des filières : les pistes étudiées couvrent toute la chaîne, de la récupération des matériaux à leur réutilisation sur de nouveaux chantiers. Reste à traduire ces échanges en actions concrètes. Les recommandations doivent guider la suite du partenariat entre les quatre collectivités, qui envisagent notamment de répondre à un futur appel à projets européen.

Stéphanie Bescond